
[FAULKNER (William)]

Albert Camus est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et journaliste français du XXe siècle. Il fait de l’absurde le thème central de son œuvre et développe un humanisme qui prétend une prise de conscience du caractère absurde de la condition humaine, ainsi qu’une révolte contre celui-ci, afin de donner un sens au monde et à l’existence. Ces combats sont apparents dans ses œuvres comme L'Étranger ou encore Le Mythe de Sisyphe. Très engagé politiquement, il écrit aussi des articles dans lesquels il prend position sur les enjeux politiques et sociaux de son temps. Albert Camus laisse derrière lui une importante œuvre littéraire et philosophique traversée par des questionnements moraux et politiques dont l'actualité ne cesse de trouver des échos aujourd'hui. Aussi bien ses romans et ses pièces de théâtre que ses essais sont marqués par une réflexion politique et philosophique. L’Étranger, en 1942, un roman avec un style extrêmement neutre et descriptif, montre le décalage entre l’individu et le monde, où se situe l’absurde de la condition humaine. Il le fait à travers son personnage principal et narrateur, caractérisé par une surprenante indifférence vis-à-vis de tout ce qui se passe. Il agit de manière machinale et semble dépourvu de tout sentiment. C’est ainsi que les événements se précipitent, accompagnés de la présence d’un soleil étouffant, Meursault finit par tuer un homme, scène à laquelle le lecteur assiste, abasourdi dans l’incompréhension, car il ne peut trouver d’explication à ce qui vient d’arriver. Meursault est présent à son procès comme si c’était un autre qu’on jugeait. Camus présente de cette façon l’absurde inhérent à la condition humaine, central dans sa pensée d’un premier temps, à travers un récit de fiction. Il le fait aussi d’un point de vue théorique dans son essai Le Mythe de Sisyphe, publié la même année. Cet essai, qui traite de l’absurde et son rapport avec le suicide, montre l’Homme comme subissant un enchaînement d’expériences absurdes. Mais une fois que cette absurdité du monde apparaît comme évidente à l’Homme, il peut accepter, en la vivant, de vivre. L’homme à la conscience éveillée se libère et peut alors profiter du temps présent et chercher le bonheur. C’est ce qui arrive à Meursault dans sa cellule, où il profitera de sa dernière nuit avant son exécution. Ces deux ouvrages font partie, avec Caligula et Le Malentendu, tous deux publiés en 1944, du Cycle de l'Absurde. Camus développe sa réflexion autour de la place de l’Homme dans un monde dépourvu de sens dans La Peste en 1947. L’Homme agit, a une éthique, et dans ce roman Albert Camus fait de la peste un symbole du mal auquel l’Homme est confronté. Mis face au mal, l’Homme est mis face à lui-même, car il a un choix d’action. Il peut renoncer ou se révolter. Le sujet de la révolte est plus amplement traité dans L’homme révolté, un essai publié en 1951 dans lequel Camus explique que la révolte naît dès que quelque chose d’humain est opprimé. « Je me révolte, donc nous sommes », car la révolte est le seul moyen de dépasser l’absurde. Mais Camus, bien que la révolte soit un élément nécessaire dans son système de pensée, s’interroge sur le sens de ce concept dans l’histoire effective et ses conséquences, laissant de côté cette révolte idéalisée dont parlent beaucoup de ses contemporains. C’est ainsi qu’il analyse comment la révolte a eu pour aboutissement les États policiers du XXe siècle, comment l’Homme s’est accommodé au crime au nom d’une révolte déviée. Ces réflexions lui vaudront de furibondes attaques d’intellectuels comme Jean-Paul Sartre, qui s’est souvent employé contre lui. Camus ayant reçu une formation philosophique plus modeste et n’étant pas un académicien écrivant de grands traités, il a toujours eu du mal à s’intégrer dans le milieu intellectuel parisien de l’époque, très refermé sur soi et qui le regardera avec méfiance. Il est toujours resté un étranger parmi ceux qui avaient fait les mêmes études, dans la même école, et qui n’ont jamais hésité à l’attaquer et à mettre en doute sa capacité philosophique dès qu’il a osé contrarier leurs idées. On pourrait dire que Camus s’installe sur le versant littéraire de la philosophie. Il est vrai qu’il n’a pas écrit de traités purement philosophiques, mais dans l’ensemble de son œuvre, engagée, car il est toujours resté fidèle au milieu pauvre qui a été le sien, résonne une pensée originale et qui, à l’heure actuelle, est toujours d’actualité. Albert Camus naît le 7 novembre 1913 à Mondovi, aujourd’hui Dréan, en Algérie, et devient orphelin de père, tué à la guerre, un an après sa naissance. Lui et son frère aîné sont élevés par sa mère, illettrée et en partie sourde, s’installant chez leur grand-mère et leurs deux oncles. Albert Camus effectue de longs séjours chez son oncle, Gustave Acault, homme cultivé, anarchiste et voltairien, qui l’aide à subvenir à ses besoins et lui fournit une bibliothèque. Il fait ses études à Alger, où, à dix ans, il est remarqué par son instituteur, Louis Germain, qui lui donne des leçons gratuites et l’inscrit comme candidat aux bourses. Il est reçu au lycée Bugeaud, passe son baccalauréat et entre en classe de philosophie en 1930. Mais il est diagnostiqué de tuberculose et doit faire un séjour à l’hôpital, qu’il évoquera dans son premier essai d’écriture L’hôpital du quartier pauvre, datant de 1933. A cette époque, il écrit aussi l’essai Beriha ou le rêveur et devient secrétaire du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel. Il étudie à temps partiel, hébergé chez ses oncles Acault, et son professeur de philosophie Jean Grenier lui fait découvrir Nietzsche et l’encourage dans sa vocation d’écrivain. Il obtient son diplôme de Lettres à la section de philosophie de l’université d’Alger en 1936. Pendant ce temps, il se marie et divorce peu après, adhère au parti communiste et démissionne. Puis, il fonde la maison de la culture d’Alger et la troupe « Théâtre du travail », pour laquelle il compose avec des camarades Révolte dans les Asturies, un drame antifasciste, devenant un écrivain engagé. En 1937, il publie un recueil de nouvelles autobiographiques, L'Envers et l’endroit. Il est engagé comme journaliste par Pascal Pia à Alger républicain, journal où il écrit des articles de tout genre, notamment un compte rendu sur la Nausée de Jean-Paul Sartre, de qui il admire le talent sans partager la perspective de la vie. En 1938, il termine d’écrire un second recueil de nouvelles, Noces, et en 1940, l’Alger républicain est interdit. Il épouse alors Francine Faure, avec qui il s’installe à Paris où il travaille à la rédaction de France-Soir. En 1942, les éditions Gallimard publient L’Étranger aux instances d'André Malraux, qu’il avait rencontré en Algérie. Ce roman, qui reste une œuvre majeure de la littérature française, fait partie de ce que Camus appelle le cycle de l’absurde, avec le Mythe de Sisyphe (1947) et les pièces de théâtre Caligula (1938) et Le Malentendu (1944). Il développe une philosophie de l’absurde qui part du fait que l’Homme est en perpétuelle quête de sens d’un monde dont il ne possède pas les clés de la compréhension. En 1943, Camus devient lecteur chez Gallimard et il s’engage dans la Résistance, prenant la direction du journal clandestin Combat. La Seconde Guerre mondiale terminée, il fait partie du milieu artistique parisien, aux côtés d’intellectuels comme François Mauriac ou René Char. En 1947, il publie La Peste, qui reçoit le Prix des Critiques. Il continue à publier des œuvres telles que Les Justes (1949), L’homme révolté (1951) ou La Chute (1956), et il se positionne contre la révolution définitive et contre le mouvement existentialiste, ce qui lui vaudra beaucoup d’inimitiés de camarades communistes, comme celle de Sartre. Il continue ses engagements politiques, prenant position quant à la guerre d’Algérie et combattant le franquisme en Espagne. En 1957, il obtient le prix Nobel de littérature « pour l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». Il le dédie à son instituteur, Louis Germain, à qui il écrit : « (…) quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé (…) ». Trois ans plus tard, le 4 janvier 1960, il meurt dans tragique un accident de voiture, laissant inachevé le manuscrit de son roman autobiographique Le premier homme.I/ Œuvres d'Albert Camus
II/ Biographie d'Albert Camus
III/ Estimation des œuvres d'Albert Camus

[FAULKNER (William)]
CAMUS (Albert). Requiem pour une nonne. Pièce en deux parties et quatre tableaux d'après William Faulkner



CAMUS (Albert)
La Postérité du soleil. Itinéraire par René Char



[PLÉIADE]
Collection de 62 albums de la Bibliothèque de la Pléiade

CAMUS (Albert)
Correspondance avec Francis Ponge. 1941-1957

CAMUS (Albert) et René CHAR
Correspondance. 1946-1959






















CAMUS (Albert)
Les Possédés. Pièce en trois parties adaptée du roman de Dostoïevski





CAMUS (Albert)
Pour une trêve civile en Algérie. Appel d'Albert Camus. Alger, s.n.,


CAMUS (Albert)
Correspondance. Ensemble 3 volumes

CAMUS (Albert)
Ensemble de 18 lettres autographes signées et 5 billets autographes signés

