Marcel PROUST

(1871 - 1922) On n’aime que ce qu’on ne possède pas tout entier. (À la recherche du temps perdu - La Prisonnière, 1923)

Marcel Proust est un écrivain français du XXe siècle, auteur d’une suite romanesque, À la recherche du temps perdu, qui constitue une des œuvres majeures de la littérature française et universelle.

I/ Œuvres de Marcel Proust

A la recherche du temps perdu

Proust se donne à l’écriture de son chef-d’œuvre littéraire pendant les quinze dernières années de sa vie, durant lesquelles il travaille jusqu’à l’épuisement, dort le jour et ne sort que rarement, toujours une fois la nuit tombée. Le premier volume, Du côté de chez Swann, est refusé aux éditions Gallimard par les conseils d’André Gide, qui le regrettera par la suite, et finalement publié chez Grasset à compte d’auteur en 1913. Gallimard acceptera le deuxième volume, A l’ombre des jeunes filles en fleur, avec lequel Proust remporte le prix Goncourt en 1919. Il continue à travailler sur les cinq livres suivants jusqu’à sa mort : Le Côté de Guermantes, Sodome et Gomorrhe, La Prisonnière, Albertine disparueet Le Temps retrouvé.

La recherche reste une des œuvres principales des lettres françaises et certains de ses éléments font partie de l’imaginaire populaire. En effet, Proust a réussi à créer dans cet ensemble de romans un univers riche et complet, comme l’a fait Balzac dans La Comédie humaine, dont les personnages sont devenus des types sociaux ou moraux. L’analyse de la société de son temps, surtout de la bourgeoisie et l’aristocratie, est d’une profondeur et d’une subtilité remarquables. Elle se mêle à une analyse psychologique, des caractères, des sentiments et des désirs des personnages. Le tout aboutit à un résultat holistique, qui inclut des réflexions sur les mobiles sociaux des individus et des rapports humains.

Le lecteur habitué reconnaîtra dans des personnages tels que la duchesse de Guermantes, le baron de Charlus, Madame Verdurin ou Charles Swann les valeurs et caractéristiques qu’ils incarnent. Mais celui qui n’a jamais lu La Recherche associera sans doute la madeleine à ce qu’elle représente. La madeleine de Proust est devenu un symbole du souvenir, de l’enfance. Car lorsque le narrateur qui, dans les premières phrases du roman, explique au lecteur que, longtemps, il s’était couché de bonne heure, mange un jour une madeleine trempée dans du thé, ce goût particulier fait que sa mémoire retrouve des souvenirs qui avaient été enterrés pendant des années. Son enfance, les étés passés à Combray, sa tante Léonie, tout revient à sa conscience et entraîne le récit des réminiscences.

Le temps est un des thèmes principaux de La Recherche, comme son nom le laisse voir. Une réflexion majeure sur la valeur du temps traverse les pages de l’œuvre. Le temps existe au passé, le présent restant toujours insaisissable, et c’est la conscience du temps passé qui donne de l’unité au quotidien fragmenté.

Un autre grand thème de l’œuvre est l’amour, dont Proust expose sa conception particulière. Pour lui, à grands traits, l’amour est lié à la jalousie, et « on n’aime que ce en quoi on poursuit quelque chose d’inaccessible, on n’aime que ce qu’on ne possède pas ». L’homosexualité fera aussi l’objet de l’analyse proustienne, de même que l’art, qui est ce qui permet de sortir de soi et ouvre à l’individu d’autres mondes que le sien.

Finalement, quant au style proustien, il est connu pour la longueur de ses phrases. Proust a une manière d’écrire qui évoque sa manière de parler et, s’il est vrai qu’il emploie des phrases longues, il le fait selon un rythme souple, qu’il fait varier au moyen de phrases courtes. Il emploie souvent et avec succès la métaphore, et a un sens de l’humour qui se laisse voir dans plusieurs passages.

II/ Biographie de Marcel Proust

Marcel Proust naît le 10 juillet 1871 à Paris, au sein d’une famille aisée et cultivée. Enfant à la santé fragile, les pollens des premiers jours de printemps lui provoquent de violentes crises d’asthme, qui vont jusqu’à le mettre au bord de la mort, et cette fragilité le marquera sa vie durant. Sa mère, qui lui voue une affection parfois envahissante, lui transmet une riche culture. Il assiste au cours primaire Pape-Carpantier, puis au lycée Condorcet, où, après avoir redoublé la cinquième, il commence à ressortir, même s’il est souvent absent à cause de ses problèmes de santé. C’est de ses dernières années de lycée que datent ses premiers essais littéraires. Fernand Gregh, un de ses amis du lycée, fonde avec d’autres élèves la revue Le Banquet, à laquelle Proust contribue régulièrement. Il commence à fréquenter les salons parisiens et entame son ascension mondaine, ce qui lui vaut déjà la réputation de snobisme. Un peu plus tard, il se lie d’amitié avec Lucien Daudet, fils du romancier Alphonse Daudet.

Entre 1889 et 1890, Proust accomplit son service militaire à Orléans et, de retour à Paris, il est introduit dans de nouveaux salons littéraires et fait de nouvelles rencontres qui lui servent d’inspiration pour les personnages de la Recherche. C’est Madame Arman de Cavaillet qui lui fait rencontrer Anatole France, qui sera le modèle de Bergotte. Il suit les cours d’Albert Sorel et d’Anatole Leroy-Beaulieu à l’Ecole libre des sciences politiques et s’inscrit en licence à la Sorbonne, où il suit les séminaires d’Henri Bergson. Il se licencie en Lettres en 1895.

En 1896 il publie un recueil de poèmes en prose, portraits et nouvelles dans un style fin de siècle : Les Plaisirs et les Jours. La critique est sévère et ce livre vaut à Proust une réputation de mondain qui se maintiendra jusqu’à la parution des premiers tomes de La Recherche. Grâce à l’argent de sa famille il a l’existence assurée, ce qui lui permet de fréquenter les salons du milieu grand bourgeois et de l’aristocratie. C’est ainsi qu’il rencontre Robert de Montesquiou, qui l’introduit dans des salons plus aristocratiques. Il accumule les matériaux nécessaires à la construction de son œuvre.

A partir de l’été 1895, il commence à rédiger un roman auquel on a donné le titre de Jean Santeuil à titre posthume. Il s’agit d’un ouvrage à forte teneur autobiographique, qui raconte la vie d’un homme épris de littérature dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Proust arrête son écriture en 1900, le laissant à l’état de fragments manuscrits, découverts et édités en 1952 par Bernard de Fallois. Il découvre l’esthète anglais John Ruskin et décide de la traduire. Pour cela, il entreprend ce qu’il appelle des pèlerinages ruskiniens, à Amiens et à Venise. A Venise, il loge dans le même hôtel où avaient séjourné Musset et George Sand, et il visite aussi Padoue, découvrant les fresques de Giotto, Les vertus et les vices, qu’il introduira après dans La Recherche. Il écrit des articles sur Ruskin dans la Gazette des Beaux artset se lance dans sa traduction, aidé par sa mère.

Proust écrit La Recherche dans la dernière période de sa vie. Ses parents meurent en 1903 et 1905, et c’est en 1907, après un séjour dans un Sanatorium à la suite de la mort de sa mère, qu’il se reclut dans sa chambre et se donne à l’écriture. Il passera quinze ans comme cela jusqu’à sa mort, le 18 novembre 1922, qui sera causée par une bronchite mal soignée. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

III/ Estimation des œuvres de Marcel Proust

Offres

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