
YOURCENAR (Marguerite)

Marguerite Yourcenar, de son vrai nom Marguerite Cleenewerck de Crayencour, est une écrivaine française du XXe siècle. Femme de lettres, elle écrit des romans, des nouvelles et des poèmes, mais elle est aussi traductrice, essayiste et critique littéraire. Il s’agit de la première femme à avoir été élue membre de l’Académie française en 1980. Son œuvre la plus connue est le roman Mémoires d'Hadrien. Marguerite Yourcenar est une femme trèscultivée qui maîtrisait le grec et le latin, ainsi que la littérature antique. Sa prose est très épurée et classique, elle prend grand soin à l’élaboration esthétique de sa langue. La lecture de livres anciens nourrit sa curiosité, et elle reconnaît sa pensée dans l’humanisme de la Renaissance, qui représente pour elle, précisément cette curiosité universelle. Son œuvre romanesque est surtout composée de romans historiques dans lesquels elle retrace la vie de personnages réels ou fictifs qu’elle reconstruit par un rigoureux travail d’archiviste. Elle décrit le monde à travers le regard et pensées de ces personnages, dans un équilibre entre l’exactitude des faits présentés et le caractère subjectif de la vision qu’elle présente. Mémoires d’Hadrien, publié en 1951, fait partie de cette catégorie de romans ; elle y laisse voir sa passion pour le monde antique qu’elle considère comme ferment de la vie présente. Il s’agit d’une lettre que l’empereur Hadrien adresse à Marc Aurèle, dans laquelle il dresse le bilan de sa vie en ton de confession. Confession qui devient universelle, adressant des doutes et tourments communs à l’humanité. Elle écrit également de la poésie : Dès 1921, à 18 ans, elle publie le recueil Le Jardin des chimères, et Les dieux ne sont pas morts l'année suivante. Elle travaille également sur des essais, comme celui éponyme en 1932, décrivant la vie du poète grec antique Pindare. En 1938, elle publie l'essai Les Songes et les Sorts. Son premierroman, Alexis ou le Traité du vain combat, est publié en 1929, et aborde la question de l'homosexualité. S'en suit le roman La Nouvelle Eurydice en 1931, ainsi que Denier du rêve en 1934. Ce dernier écrit imagine un attentat contre le dictateur italien, Benito Mussolini. Elle voyagebeaucoup, que ce soit en Suisse, Grèce, Italie, Belgique ou encore en Turquie. Elle en tire le recueil Nouvelles orientales en 1938, dans lequel elle mêle des récits mythologiques. L'année suivante, elle décrit un triangle amoureux dans le roman Le Coup de grâce. Dans L’œuvre au noir, paru en 1968, Marguerite Yourcenar choisit un personnage fictif, Zénon, à travers lequel elle nous fait revivre la période de la Renaissance. À nouveau, elle adresse des problèmes proprement humains à travers son personnage aux traits du savant humaniste, qui se suicide dans la quête d’un recommencement. Elle s'attache au thème de la mort et du suicide dans son essai Mishima ou la Vision du vide en 1981. Marguerite Yourcenar travaille ensuite sur le concept de temps dans son essai Le Temps, ce grand sculpteur en 1983. Finalement, dans son œuvre autobiographique Le labyrinthe du monde, parue en trois tomes de 1974 à 1988, elle procède de façon similaire, en s’enfonçant dans l’histoire pour retracer ses origines. Car, pour Yourcenar, « quand on aime la vie on aime le passé, parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine » (Les Yeux ouverts). Née à Bruxelles le 8 juin 1903, elle passe son enfance en région lilloise où elle est élevée par son père, sa mère mourant peu après sa naissance. Son père, grand voyageur, l’initie à une vie cosmopolite et lui fait découvrir Londres, le Midi, la Suisse et l’Italie. Elle obtient son baccalauréat latin grec à Aix-en-Provence, sans avoir jamais fréquenté l’école. En 1921 elle publie son premier poème à compte d’auteur, Le jardin des chimères, qu’elle signe de son pseudonyme, Yourcenar : une anagramme de Crayencour qui deviendra son patronyme lorsqu’elle recevra la nationalité américaine. En 1929 elle publie son premier roman, pour lequel il s’inspire d’André Gide : Alexis ou le Traité du vain combat. Son père meurt la même année, ayant eu le temps de le lire. Yourcenar mène dès lors une vie bohème entre plusieurs grandes villes européennes. Elle publie Nouvelles orientales, où elle s’inspire de ses voyages, et Feux, un recueil de textes d’inspiration mythologique ou religieuse qui traitent le désespoir amoureux. Elle reprendra le thème plus tard dans son roman Le Coup de grâce (1939). En 1939 elle part aux Etats-Unis rejoindre Grace Frick, qu’elle avait rencontrée à Paris quelques années avant et qui devient la traductrice de ses œuvres en anglais. Pendant cette période, elle écrit Le mystère d’Alceste, Electre ou la Chute des masques et Qui n’a pas son Minautaure ?, les trois pièces ayant pour sujet un élément de la pensée grecque. Elle traduit aussi des « Negro-spirituals », qu’elle rassemble plus tard sous le titre de Fleuve Profond, Sombre Rivière. En 1947 elle obtient la nationalité américaine et en 1950 elle s’installe avec Grace Frick sus l’île des Monts Déserts, où elle passera le reste de sa vie. Elle donne des cours de littérature française et d’histoire de l’art et continue à écrire, en se disant romancière historienne. En 1951 elle publie Mémoires d’Hadrien, qui connaît un succès mondial, l’établissant comme écrivain majeur. Cette réputation se consacre en 1970 avec son élection à l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique. En 1968 paraît L’œuvre au noir, un roman qu’elle avait commencé à rédiger pendant sa vingtaine, qui reçoit le prix Femina et qui est considéré la clé de voûte de son œuvre. Le suivant grand ouvrage dont elle entreprend l’écriture est Le labyrinthe du monde, une autobiographie composée de trois volumes dont le premier, Souvenirs pieux, consacré à son ascendance maternelle, paraît en 1974. Les deux autres parties sont Archives du Nord, consacré à son ascendance paternelle, qui paraît en 1977, et Quoi ? L’Éternité, posthume et inachevé, qui évoque sa propre enfance. En 1980 elle est la première femme élue membre de l’Académie française et succède sous la Coupole à Roger Callois. Dans la dernière partie de sa vie elle écrit dans son isolement (Grace Frick meurt en 1979) et voyage. C’est la période de parution d’écrits comme Mishima ou La vision du vide (1981) ou Le Temps, ce grand sculpteur (1983). Elle fait des voyages avec Jerry Wilson, un jeune réalisateur américain qui meurt en 1986 et dont les photographies illustrent La voix des choses. Elle meurt le 17 décembre 1987 et ses cendres sont déposées au cimetière de Brookside à Somesville.I/ Œuvres de Marguerite Yourcenar
II/ Biographie de Marguerite Yourcenar
III/ Estimation des œuvres de Marguerite Yourcenar

YOURCENAR (Marguerite)
[Le Labyrinthe du monde]. Ensemble trois ouvrages

YOURCENAR (Marguerite)
Discours de réception à l'Académie française et réponse de M. Jean d'Ormesson

YOURCENAR (Marguerite)
Série complète de la trilogie autobiographique Le Labyrinthe du monde. Ensemble trois ouvrages







YOURCENAR (Marguerite)
Discours de réception à l'Académie française et réponse de M. Jean d'Ormesson

YOURCENAR (Marguerite)
Discours de réception à l'Académie française et réponse de M. Jean d'Ormesson

YOURCENAR (Marguerite)
Discours de réception de Mme Marguerite Yourcenar à l’Académie française





YOURCENAR (Marguerite)
Le Temps, ce grand sculpteur

YOURCENAR (Marguerite)
Le Temps, ce grand sculpteur







YOURCENAR (Marguerite)
Mishima ou la vision du vide


YOURCENAR (Marguerite)
Présentation critique de Constantin Cavafy



YOURCENAR (Marguerite)
Sous bénéfice d'inventaire



YOURCENAR (Marguerite)
Souvenirs pieux, suivi de l’Album de Fernande

YOURCENAR (Marguerite)
En pèlerin et en étranger