Adjugé 500 €

Lot de deux pièces

HONG Hao. LIN Liling
lot 173
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HONG Hao, Danse (1991). Encre et lavis sur papier, 21 x 29 cm. Signé et daté fév. 1991.
LIN Liling, Figure libre (2019). Crayon sur papier, 30 x 20 cm. Étude pour une composition à l’huile.
林麗玲 铅笔习作 Né en 1965 à Pékin où éclate, l’année suivante, la révolution culturelle, Hong Hao est diplômé en 1989 du département de gravure de l’Institut central des Beaux-Arts de la capitale et réalise conjointement des expositions photographiques. Il appartient à cette génération qui découvre les différents dysfonctionnements du pays qui sont autant de moteurs pour une croissance rapide, croissance qui draine dans son sillage l’échelle de valeurs progressivement mise en œuvre par les décideurs désireux d’une hégémonie mondiale. Il n’en reste pas moins que comme bien des artistes de sa génération, le thème récurrent est le quotidien répété et martelé, ne laissant place à rien d’autre. Les premières influences extérieures sont liées aux quelques lectures autorisées au début des années 80 ou aux très rares expositions alors visibles : Warhol, Rauschenberg… ; à ces images s’ajoutent celles du Japon. Hong Hao obtient en 1984 le très officiel prix de la gravure national avec son Mouvement du Quatre mai. L’allusion à l’ouverture de la culture comprise de tous est l’un des mots d’ordre lancés le 4 mai 1919 par des intellectuels chinois pour la modification des valeurs d’une société. Hong Hao reprend à son compte ce besoin d’une langue personnelle, décodable suivant les aléas de l’existence et de l’environnement social. Le thème de la danse est l’un de ceux-là, prôné comme dynamisme social mais aussi énergie personnelle. Il continue une carrière ouverte. Ses œuvres sont bien représentées dans les collections internationales. « Je suis née dans un petit village très ordinaire de Taïwan, un village splendide et authentique où on ne parlait pas de sexe » se souvient Lin Liling (1965, Tainan). Des situations diverses de répression sexuelle, voire de violence sexuelle, ont baigné ma propre vie jusqu’en 1993, année de mon arrivée en France… ». Avant cela, en 1989, elle obtient d’abord son diplôme du département des beaux-arts de l’université Donghai, puis termine en 1996, un cursus aux Beaux-Arts de Nice. La puissance du travail de Lin Liling rappelle, à certains égards, avec une violence autre, celui de Pan Yüliang (1895-1977). Lin Liling est captivée par le corps, les non-dits qui l’entourent, celui de la femme, beaucoup, celui de l’homme aussi. Ses œuvres sont une recherche intense de moments intimes, des parcours qui ne cessent d’approfondir des découvertes reflétées par ses protagonistes pétris d’une sensualité aussi intense qu’intérieure. Ces découvertes aux imbrications frontales, ou suggérées, savent exhaler une retenue sensuelle ou imposer un voyeurisme extrême des émotions si différentes, disant, toutes, la diversité des sensations et des pulsions. Dernier et important axe d’observation, celui qui guide les pulsions sexuelles, bondages, positions diverses. Des attitudes qui rappellent cette lenteur des personnages de Balthus, mais avec un raffinement vestimentaire qui rend encore plus indiscret le regard extérieur sur ces couples clos dans leur attraction instinctive et muette. Que l’on soit face aux esquisses rapides, mais déjà porteuses des éléments essentiels de la peinture réalisée ensuite, que les œuvres soient devenues plus directes, franchement teintées d’une domination sensuelle, peu importe, l’artiste parvient à rendre ses personnages, majoritairement asiatiques, en leur insufflant présence et vie.