Les faits de l’histoire (1994)

- Estimation150 - 200 €
- SpécialitéEstampes et dessins
- ThèmeEstampes
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Gravure sur bois imprimée sur fond rouge, 31 x 61 cm. 騍鵙伟 历瘏鎏歶变
Zhou Junwei [周俊伟]naît à Shanghai en 1953. Après un cursus à l’Institut des Beaux-arts de Hangzhou, c’est dans la province côtière du Jiangsu qu’il aborde sa vie professionnelle. Résidant à Changzhou, il est alors graphiste dans une maison d’édition. Depuis, il mène sa carrière d’artiste et est affilié au centre de recherche picturale du Jiangsu. Zhou a autant une œuvre de graveur que de peintre : au cœur de sa problématique, l’importance de la peinture populaire, ethnique, mythologique. La gravure est au cœur de ses centres d’intérêt : il pratique l’estampe de nouvel an, la gravure populaire, en s’intéressant à l’histoire des mentalités, la sociologie, les recherches formelles occidentales ou de son pays. Les œuvres qu’il produits sont à l’image de sa curiosité et de son indépendance d’esprit.
En 1994, il montre une sélection de gravures à la troisième triennale mondiale d’estampes de Chamalières. La première, Histoire et mythologie, propose une synthèse en dix bois de format rectangulaire de 60 sur 30 cm. L’artiste a tiré toutes les ressources possibles du support et de ses rapports à l’impression de la matrice. Les papiers, plutôt fins, sont d’un rouge à mi-chemin entre le rouge cinabre et le vermillon ou beige. Les biffures qui sont à la fois signe de négation fixent en même temps les limites de chaque figure, ligne d’horizon, horizon céleste, marin… La construction des sujets est très stricte, les personnages évacuent ou ingurgitent des humeurs ; ce sont des êtres d’invention ou des esprits surgis de toute la littérature fantastique qui peuple l’imaginaire chinois. Les êtres qui peuplent ces planches à fond rouge sont décrits dans leur intégrité physique ou après avoir subi des mutilations plus épouvantables les unes que les autres ; ils sont la proie d’évocations irréelles, des fantômes fauteurs de mort, le glaive en main, sont soumis dès la naissance à une douleur apparemment poignante, à en juger par les attitudes pleines d’effroi. Le Classique des mers et des monts (Shanhaijing), À la recherche des dieux (Soushenji), sont autant d’ouvrages anciens qui dépeignent de tels épisodes. L’évocation de l’Histoire, dynastique ou récente, est évidente et emblématique de sa violence : les contorsions, accouplements, agressions se confondent au fil des scènes et donnent de celle-ci une vision plutôt amère comme de la mythologie à laquelle est empruntée nombre de narrations cruelles. Le traitement des personnages et des arrière-plans n’est pas sans rappeler l’approche d’un Combaz et de quelques autres de la figuration narrative. Dans ces séries, comme dans les premières gravures les œuvres sur papier ou à l’huile, on remarque une simplification des formes qui doit permettre d’exprimer les concepts les plus divers, tout en ayant recours aux sources écrites de la civilisation. Les emprunts textuels sont là pour le confirmer. Ils étaient déjà présents lors des compositions sur les dieux populaires.