lot de 8 œuvres



- Estimation3000 - 4000 €
- SpécialitéEstampes et dessins
- ThèmeEstampes
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*MA Desheng, Sans titre, 1986. Lithographie, 56 x 76 cm. Sig. et numérotée 1/9. 马德升 无题
*MA Desheng, Sans titre, 1986. Lithographie, 44 x 64 cm. Sig. et numérotée 2/4
* MA Desheng, Les deux bouddhas, 1980. Gravure sur bois, 58,5 x 47 cm. 马德升 双佛图
*MA Desheng, Six mètres carrés, 1980. Gravure sur bois, œuvre de 21 sur 23 cm marouflée sur carton de 40 sur 50 cm
L’artiste a représenté sa chambre à Pékin, lieu qui était aussi son atelier. Sur les murs, différentes œuvres, lavis et gravures sur bois. Titrée, num. 23/30, signée, datée à la partie inférieure de l’œuvre. 马德升 六平方米
MA Desheng, Le ciel, il est si grand, si beau (1981 ca). Gravure sur bois, 53 x 36 cm. Titré au coin infr droit de l’œuvre. 马德升 天空啊 多大多美
*MA Desheng, Chaleur (1980). Gravure sur bois, 55 x 35 cm. Titrée, num. 6/40, signée, datée sous l’œuvre. 马德升 热
*MA Desheng, Sans titre (1987). Gravure sur bois, 35 x 35 cm. Titrée, num. 4/40, signée, datée à la partie inférieure de l’œuvre 马德升 无题
*MA Desheng, Sans titre (1981). Gravure sur bois, 48 x 40 cm. Titrée, num. 8/40, signée, datée à la partie inférieure de l’œuvre 马德升 无题
Les parcours d’un phénix.
Né à Pékin en septembre 1952, Ma termine ses études primaires en 1966. L’adolescent sera très profondément marqué par cette période de chaos. D’abord employé dans une fabrique de machines à écrire, il exerce différents emplois dans le secteur industriel, et, parallèlement, s’initie seul aux arts, et notamment à la peinture, car, les séquelles de la poliomyélite, maladie contractée très jeune, l’ont laissé invalide d’une jambe, et, de ce fait, il est déclaré inapte aux épreuves d’entrée de l’Institut des Beaux-Arts. Force est donc de lutter pour se faire connaître. Ainsi naît l’idée d’organiser des expositions, à Pékin d’abord en 1979, puis, de 1981 à 1985, aussi à Shanghai ; elles sont interrompues ou interdites, et obligent de recourir au « réseau » de résidents étrangers auxquels il montre en privé les œuvres et les vend aussi. C’est de cette façon qu’il apprend ce que peut être un marché, comprend l’existence d’une cote. Et surtout le besoin de rester un créateur qui n’imite personne. La gravure sur bois, la lithographie, le lavis enfin, sont autant de techniques qu’il maîtrise avec brio : la monochromie apparente du noir permet de créer paysages imaginaires et personnages de succubes ou géantes aux formes épouvantablement généreuses. Les dimensions des œuvres doivent se prêter aux nécessités de l’inspiration telles qu’elle s’impose à un moment précis. Le papier fin, épais, voire contrecollé, se pare, se charge de signes forts que l’encre exprime en nuances infinies ; parfois, les plages vides laissées par le blanc plus ou moins intense ou ombré de la feuille imposent leur immensité qui rend les noirs ou les gris plus isolés encore. Il y a les autoportraits au regard aussi perçant qu’inquiet, des compositions avec des personnages aux formes plantureuses qui semblent issues des vénus préhistoriques dont elles conservent le rôle primordial de fécondité tout en renvoyant les ondes d’une sensualité sourde. Cariatides solidement plantées dont on ne peut croiser le regard inexistant et qui paraissent dépourvues de vie intérieure, tant leur tête est réduite à un petit réceptacle de sensations brutes que leur créateur peut ainsi dominer à loisir. Lyrisme, poésie, Ma Desheng touche à l’un et à l’autre par l’intermédiaire du signe graphique autant que du signe écrit. Ses poésies contiennent des interrogations qui ont leur écho dans ses paysages et ses personnages marginaux. Après une période de repli, il est à nouveau en pleine recréation, allant des sculptures monumentales à des œuvres de toutes dimensions, peintes en techniques mixtes. Il est l’invité des salons importants comme la récente FIAC où sculptures et œuvres sur papier se répondaient avec humour.
Comme toutes les xylographies imprimées à l’encre noire à peu d’exemplaires, Six mètres carrés (1980), est une gravure sur bois de dimensions modestes, 21 sur 23 cm, collée sur un carton de 40 sur 50 cm de haut. Elle est emblématique de la vie des artistes chinois des années 80, celles qui précèdent une revalorisation du statut de l’artiste. Ma représente son atelier, qui est aussi celle où elle vit. L’œuvre représente de façon descriptive ce contexte fragile dans lequel l’artiste est face à lui-même, seul pour réfléchir et créer.