Asie Pacifique Océanie

Rares sont les occidentaux à avoir traversé les contrées de l’Asie durant le Moyen Âge alors que l'Océanie reste presque inconnue à proprement parler, si bien que l’histoire ne nous en préserve le souvenir que d’une poignée. Le plus connu d’entre eux n’est autre que Marco Polo (1254 – 1324), marchand vénitien, qui relate dans son Devisement du monde ou Livre des merveilles ses aventures dans la cour de l’empereur mongol, dans les provinces de Cathay (dénomination de la Chine dans l’Europe médiévale) ainsi que sur la mer de Chine et ses innombrables chapelets d’îles où ne se comptent plus les variétés d’épices et de richesses.

La Renaissance et le XVIIème siècle : le développement maritime des Empires portugais et hollandais

Pour la première fois de l’Histoire, à la fin du XVème siècle, les navigateurs portugais établissent des relations commerciales directes entre l’Europe Occidentale et l’Asie. Vasco de Gama (1469 – 1524) devient alors célèbre en son temps pour avoir accosté ses navires à Calicut en Indes. L’empire colonial portugais jette alors son dévolu sur les fertiles côtes du sous-continent indien pendant plusieurs siècles comme nous le rapporte Fernão Mendes Pinto (c.1511 – 1583) dans l’édition de ses « Voyages advantureux» de 1628 (exemplaire vendu aux enchères le 29 avril 2021 pour la somme de 1.875€). Le Portugal est alors à la tête du plus vaste empire maritime de son temps. Ses positions s’étendent alors aux extrémités du continent asiatiques puisque nous y trouvons des comptoirs aussi bien dans la péninsule arabique, aux Moluques (Est de l’Indonésie), à Macao (Chine) et à Nagasaki (Japon).

Le XVIIème siècle est, quant à lui, le théâtre de la montée en puissance de l’empire maritime hollandais. Le siècle d’or néerlandais caractérise cette époque de grandes découvertes sur le continent asiatique. La création, en 1602, de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (voir la fiche sur le livre de voyage – Océanie) signe l’apogée du modèle colonial des Provinces-Unies pendant plus de trois siècles. Mais, ce temps, le véritable triomphe des Provinces-Unies passe par celui de l’impression hollandaise dans le champ scientifique. Le géographe néerlandais Johannes de Laet (1581 – 1649), alors directeur de la Compagnie des Indes, jouit d’une grande popularité parmi les lettrés d’Europe avec l’édition de ses écrits par les presses de la famille Elzevier (exemplaire de son « Persia, seu de regni persici status» de 1633 vendu le 27 avril 2018 pour 625€).

L’étude des religions asiatiques dans des empires clos aux XVIIème et XVIIIème siècles

Les Portugais et les Néerlandais ne sont pas les seuls à se lancer à la conquête de l’Asie. Les expéditions russes du XVIIème siècle atteignent les confins de la Sibérie si bien que de premiers témoignages de la région du Béring et du Kamtchatka sont publiés (exemplaire de l’« Histoire et description du Kamtchatka» vendu aux enchères le 9 juillet 2020 pour 750€).

Le XVIIIème siècle voit aussi naître un réel attrait pour les religions et cultes orientaux. Les voyages dans l’Empire moghol (livre rare « Album de Peintures touchant l’Indoustan» estimé et vendu par Alde le 9 juillet 2020 pour 68.700€), dans l’empire de Chine de la dynastie Qing (1644 – 1912) et dans le Japon de l’époque d’Edo (1603 – 1868) établissent un panorama sans précédent des coutumes et rites des grands empires orientaux (exemplaire d’une « Dissertation» sur les religion par Alexander Dow vendu par Alde le 27 avril 2018 pour 5.625€).

Pour la première fois, des expéditions européennes se lancent dans les confins de l’Inde et du Céleste Empire à des fins scientifiques. Le naturaliste et explorateur français Pierre Sonnerat (1748 – 1814) est chargé, par le roi Louis XVI, de collecter de nouvelles espèces d’animaux et de plantes orientales. À son retour en 1781 d’un périple de huit ans, Sonnerat compose son « Voyage aux Indes orientales et à la Chine fait par ordre du Roi » (livre ancien vendu le 06 mai 2011 pour 84.000€).

Un attrait ethnographique, zoologique et maritime de l’Asie au temps de la colonisation européenne

C’est au XIXème siècle que revient l’aboutissement d’une longue histoire d’exploration. Là, les explorateurs achèvent les découvertes du continent. Les côtes les plus reculées de la Sibérie russe sont abordées et les scientifiques s’accordent sur la possible existence d’un « passage navigable dans le Nord ». Les dernières grandes recherches se tiennent dans des contrées asiatiques ayant, pendant des décennies, tenues les rares expéditions occidentales en échec. L’Asie centrale des steppes, les plateaux étendus de la Chine (livre ancien « The Costume of China » vendu aux enchères le 27 avril 2018 pour 1.000€) et les forêts denses des rives du Mékong en Indochine. L’Inde est dorénavant une partie du monde bien connue des européens si bien que des témoignages d’alors la tienne comme aussi renseignée qu’un pays du vieux continent.

Le XIXème siècle est également le théâtre du perfectionnement d’une pléthore de disciplines scientifiques que la colonisation européenne va mettre à l’épreuve. L’Asie est alors le sujet de bon nombre de recherches ethnographiques, zoologiques et surtout archéologiques. Les nations asiatiques sont alors aux sources de toutes les curiosités. Les écrits de romanciers tels que ceux de Jules Verne (1828 – 1905) apportent un regard nouveau et documenté sur les ports de Hong-Kong et de Yokohama à travers les pérégrinations de Phileas Fogg dans « Le Tour du monde en quatre-vingts jours» (1872) (estimé par Alde vendu le 27 septembre 2018 pour la somme de 1.000€).

Les premières décennies du XXème siècles témoignent du développement de nouvelles disciplines scientifiques telles que la géologie et la géodésie. En effet, au moment de la conception de la théorie de la Pangée par l’Allemand Alfred Wegener (1880 – 1930) que tous les regards se tournent vers l’Himalaya jusqu’à la première ascension, en 1953, du mont Everest : « le toit du Monde » (ensemble de près de 1.800 photographies des années 1940 de l’Himalaya vendu aux enchères le 30 septembre 2016 pour la somme de 3.782€).

AVRIL (Philippe). Voyage en divers Etats d’Europe et d’Asie, entrepris pour découvrir un nouveau chemin à la Chine. Paris, Claude Barbin, Jean Boudot, Georges & Louis Josse, 1692.

Édition originale, illustrée d'un portrait-frontispice, une carte dépliante de la Sibérie et Kitay, 6 vignettes et 3 planches hors texte gravées en taille-douce par Vallet figurant des traineaux, un tartare kalmouk et des esquifs cosaques.

Le Père Philippe Avril (1654-1698) est l’un des jésuites à qui Louis XIV confia le soin d’ouvrir une voie terrestre vers la Chine.

Après une estimation par Alde, ce livre ancien a été vendu aux enchères pour 500 euros.

Les premières excursions européennes en Océanie du XVIème au début du XVIIIème siècle

Bien que le terme d’Océanie ne soit née qu’en 1804 de la bouche de Conrad Malte-Brun (1775 – 1826) pour désigner ces terres « que l’océan entoure de toutes parts », les premières découvertes territoriales dans ces eaux lointaines se font à partir du début du XVIème siècle et ce pendant près d’un siècle.

En 1513, le navigateur espagnol Vasco Núñez de Balboa (1475 – 1519) prend possession de la « Grande Mar del Sur » (actuel océan Pacifique) pour le compte du roi d’Espagne après avoir traversé les périls de l’isthme de Darién au Panama. De son côté, l’explorateur portugais Fernand de Magellan (1480 – 1521) effectue la première circumnavigation de l’Histoire au cours d’une expédition s’étalant de 1519 à 1522 durant laquelle il trouve la mort aux Philippines. Dès cette époque, l’océan Pacifique est perçu comme une mer reliant les côtes américaines à l’Asie. C’est pour cette simple raison que les premières découvertes territoriales océaniennes n’amènent pas à la colonisation des îles par les Européens. Les découvertes progressives dans les îles du Pacifique sont néanmoins déterminantes pour le continent marin : les Espagnols comme les Portugais parviennent à recenser une grande partie des îles de Micronésie et de Mélanésie à savoir Guam (1521), les îles Marshall (1526) mais aussi les îles Salomon (1568) par exemple.

Le déclin progressif des empires maritimes portugais et espagnols permet l’hégémonie des navires hollandais dans l’océan Pacifique dès le début du XVIIème siècle. Lors d'une expédition entre 1615 et 1616, les navigateurs néerlandais Willem Schouten (1577 – 1625) et Jacob Le Maire (1585 – 1616) font le tour du globe à la recherche d’une nouvelle route commerciale alternative au détroit de Magellan.

Les explorations du cartographe Abel Tasman (1603 – 1659) marquent le tournant du XVIIème siècle hollandais dans l’océan Pacifique. Entre 1642 et 1644, Tasman part à la découverte des îles de la partie Sud de l’océan Pacifique pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ses découvertes sont déterminantes si bien qu’il est le premier européen à apercevoir les côtes de l’île de Tasmanie (anciennement île de Van Diemen), de la Nouvelle-Zélande (auparavant Statenland) et des îles Fidji en 1643.

Le siècle d’or des « Océania » : les expéditions françaises et anglaises au temps des Lumières

Le XVIIIème siècle montre un essoufflement des ambitions néerlandaises en « mer du Sud ». Dans la première moitié du siècle, les nations européennes sont peu favorables aux découvertes en terres océaniennes en raison du coût remarquable de la moindre expédition. La guerre de Succession d’Espagne (1701 – 1713) affaiblit le Trésor royal de la France pendant des décennies. Ça n’est que dans les années 1750 que la « course du Pacifique » reprend son cours avec les excursions des navigateurs français et anglais.

En moins de 20 ans, les découvertes anglaises en Océanie se multiplient : l’amiral George Anson (1697 – 1762) aborde aux îles Mariannes, l’officier John Byron (1723 – 1786) explore les îles Samoa et le navigateur Samuel Wallis (1728 – 1795) poursuit les exploits de ce dernier dans l’archipel des îles Bismarck. Le capitaine britannique James Cook (1728 – 1779), au travers de ses trois voyages dans l’océan Pacifique, grave les innombrables ressources du continent et la diversité des peuples océaniens dans les esprits occidentaux. Son second trajet (1772 – 1775) passe par les « mers australes » de l’Océanie et projette l’envie de l’explorateur d’aller : « (…) non seulement plus loin qu’aucun homme n’est allé avant (lui), mais aussi loin qu’(il) croit possible à un homme d’aller » (livre ancien « Voyage dans l’hémisphère austral (…)» vendu aux enchères le 27 avril 2018 pour 3.625€). Dans son troisième et dernier séjour (1776 – 1779), le capitaine Cook décrit les îles Tonga, Tahiti mais encore les îles Hawaï où il trouve la mort avec certains de ses hommes en 1779 (exemplaire du « Troisième voyage, ou voyage à l’Océan Pacifique» vendu aux enchères pour 1.875€ le 9 juillet 2020). Même après sa mort, les hommages ne cessent de se multiplier et ses relations de la découverte de Botany-Bay en Australie inspirent de nombreux voyages en Nouvelle-Hollande (exemplaire du « Voyage à la Nouvelle Galles du Sud, à Botany-Bay (…) » de White estimé et vendu par pour 250€ le 27 avril 2018).

Les explorateurs français ne sont pas en reste. Les impressions et éditions scientifiques de Charles-Joseph Panckoucke (1736 – 1798) trouvent un large public en Europe dans la seconde moitié du siècle. En effet, les voyages de Louis-Antoine de Bougainville (1729 – 1811) lors du premier tour du monde français dépeint une riche société tahitienne (exemplaire du « Voyage autour du monde (…)» de Bougainville vendu le 29 avril 2021 pour 7.000€). De son côté, l’explorateur Jean-François de La Pérouse (1741 – 1788) traverse l’océan Pacifique sous les instructions de Louis XVI jusqu’à sa mystérieuse disparition en 1788 dans les îles Salomon.

Le perfectionnement des sciences au XIXème siècle : un bouleversement dans la vision de l’Océanie

Le XIXème siècle est, en Europe et dans le monde, le théâtre du perfectionnement des matières scientifiques comme la zoologie, la botanique, la géographie mais aussi l’ethnographie. Les compte-rendus des voyages les plus lointains en Océanie profitent à une part toujours plus importante de lecteur en Occident grâce à l’invention de l’imprimerie stéréotypée à la fin du XVIIIème siècle dont la famille Didot en est un des maillons les plus importants.

Les découvertes territoriales sont plus rares au XIXème qu’auparavant. Désormais, les expéditions portent sur l’intérieur des îles dont seules les côtes ont été étudiées jusqu’alors (livre ancien « Voyage autour du monde (…) » de Duperrey vendu le 27 avril 2018 pour 875€). La France charge l’amiral Jules Dumont d’Urville (1790 – 1842) d’explorer encore plus de surface maritime pour le compte de la couronne (exemplaire d’une lettre de Dumont d’Urville au sujet de sa campagne en Océanie vendu par Alde le 9 décembre 2013 pour 4.636€). Ses multiples découvertes en Australie, Nouvelle-Zélande, îles Mariannes et Polynésie rendent compte d’une popularité des aventures dans l’océan Pacifique en Europe.

Les sciences se perfectionnent considérablement et l’Océanie fait figure de « laboratoire à ciel ouvert » des disciplines zoologiques, géologiques mais aussi archéologiques. Le naturaliste anglais Charles Darwin (1809 – 1882) élabore et perfectionne sa « théorie de l’évolution » lors de son escale aux îles Galápagos changeant à jamais les recherches paléontologiques (livre rare « De l’Origine des espèces» vendu le 24 juin 2021 pour 6.250€).

DUMONT D'URVILLE (Jules). Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes l'Astrolabe et la Zélée. Atlas pittoresque. Paris, Gide et Cie, 1846.

Édition originale de cet important atlas de planches, présenté seul, sans les 10 volumes in-8 de texte.

Outre 2 titres imprimés et les tables des planches, l'Atlas pittoresque comprend 2 titres-frontispices lithographiés d'après Bayot, 197 (sur 198) très belles planches de vues et de portraits, lithographiées principalement d'après Le Breton et Goupil, et 9 cartes gravées en double page.

Ouvrage estimé par Alde et vendu aux enchères 6 710 €.

Nos lots
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BOULLAIRE (Jacques)

Ensemble 3 ouvrages

Estimation : 800 - 1000 €
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GROSE (John Henry)

Voyage aux Indes orientales

Estimation : 150 - 200 €
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DUBOIS (Robert)

Le Tonkin en 1900

Adjugé : 188 €