Moyen-Orient Afrique

Le Moyen-Orient est une région déjà bien connue des peuples de l’Antiquité. En effet, le Croissant fertile, traversé par le Tigre et l’Euphrate, est le théâtre des affrontements entre les Akkadiens, les Babyloniens mais encore les Assyriens depuis le IVème millénaire avant notre ère. Berceau de l’agriculture, de l’écriture mais encore des premières sociétés urbanisées, la Mésopotamie est la clef de compréhension du Moyen-Orient jusqu’à nos jours.

Depuis l’Antiquité grecque et romaine, l’Europe ne connaît l’Afrique que par le prisme des côtes de la Méditerranée (exemplaire d’un portulan de Messine exécuté en 1588 vendu aux enchères pour 75 000 €). Alors, peu d’Occidentaux se sont aventurés par-delà les étendues du Sahara. La littérature se construit autour des récits des voyageurs phéniciens de Carthage mais aussi des Égyptiens.

Les croisades « d’Outre-mer » : les témoignages privilégiés du Proche-Orient médiéval

Le Moyen-Orient est le lieu de naissance des trois grandes religions polythéistes : le christianisme, l’islam et le judaïsme. L’expansion progressive des territoires arabes islamiques, dans la région du Levant aux VIIème et VIIIème siècles, chasse définitivement les administrations chrétiennes de la région. L’accès aux lieux saints pour les Chrétiens en Terre sainte est autorisé sous les Arabes abbassides. Mais, la fermeture de Jérusalem et des autres places bibliques aux Chrétiens par les Turcs seldjoukides dans la seconde moitié du XIème siècle lance la première croisade en 1095 sous les ordres du pape Urbain II.

De 1095 à 1291, pas moins de neuf croisades sont entreprises dans l’Orient levantin pour établir une présence chrétienne dans la région. L’établissement des États « latins » d’Orient marque la géopolitique du temps et, comme l’affirme Benjamin Kedar, l’Orient latin est : « (…) la première possession outre-mer des Européens, lesquels ne s’étaient jusque-là étendus que sur le continent ».

Le pèlerinage en Terre sainte n’est pas sans risques pour les hommes des sociétés médiévales. En effet, le pèlerin européen, qu’il soit franc, anglais ou allemand, doit affronter des dangers tout au long de son périple. La littérature de pèlerinage se diffuse et un grand nombre d’ouvrages d’histoires des croisades paraissent pour ne pas faire mourir cet attrait pour un Orient lointain. Le chanoine Bernhard von Breydenbach (1440 – 1497) de Mayence se rend en Terre sainte entre les années 1483 et 1484 : « pour faire pénitence, regrettant une jeunesse passée dans les plaisirs vains ». Rencontrant un grand succès en son temps, « Le Grant voyage de Jherusalem» s’attache à une description quasi réaliste des lieux visités (livre ancien rare vendu le 4 novembre 2021 pour 10.000€).

Entre le XVIème et le XVIIIème siècle, la littérature de pèlerinage en Palestine ne présente pas le même magnétisme qu’auparavant. Il faut attendre le début du XIXème siècle, en France, pour voir renaître un nouvel âge des pèlerinages (après un siècle de mépris de ceux-ci par les philosophes des Lumières voyant en lui : « un voyage de dévotion mal entendue »). Le mémorialiste François-René de Chateaubriand (1768 – 1848) renoue avec les premiers voyages au Levant dans son « Génie du christianisme» de 1802 et son « Itinéraire de Paris à Jérusalem» de 1811.

PREZIOSI (Amadeo). Stamboul. Souvenir d’Orient. Paris, imprimerie Lemercier, 1861.

Magnifique et rare suite imprimée en couleurs de costumes, vues et scènes d'Istanbul par Amadeo Preziosi (1816-1882), peintre orientaliste maltais qui résida en Turquie de 1842 à sa mort, complète d'un titre et de 29 chromolithographies légendées en anglais et en français.

On y voit des derviches mendiants et tourneurs, des dames turques à la promenade, un eunuque du sérail, des vendeurs arnautes, des gardiens croates etc.

Livre très rare vendu aux enchères pour 11 000 euros.

La puissance et le déclin de l’Empire ottoman : le développement croissant d’une littérature orientaliste

La chute de Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient, marque la fin d’un règne incontesté de la Chrétienté aux portes de l’Asie. La dissolution de l’Empire byzantin en 1453, après plus d’un siècle d’hémorragies, marque les plus vives tensions entre l’Occident et la Turquie ottomane. Pendant près de 120 ans, et ce, jusqu’à la lourde défaite navale de Lépante en 1571, l’Occident met un terme à l’hégémonie de la Sublime Porte sur le pourtour méditerranéen (portulan de Jacobo Russo vendu par Alde le 27 avril 2018 pour 75.000€). Alors un empire clos, la Turquie ne laissait entrer dans ses terres qu’une poignée de diplomates et commerçants européens.

C’est à partir du début du XVIIème siècle que de grands rapports de voyage au Proche-Orient sont réalisés. Les explorateurs occidentaux s’aventurent de plus en plus dans les territoires de l’Empire ottoman, que ce soit en Anatolie, en Égypte ou au Levant (livre ancien « Relation journalière du voyage au Levant (…)» de Beauvau vendu aux enchères par Alde le 27 avril 2018 pour 9.750€). En ce temps, l’attrait pour les religions et cultes orientaux est tel dans les hautes sphères de la société européenne que la première traduction du Coran en langue française survient sous les presses d’Antoine de Sommaville (1597 – 1664) en 1647. Les éditions du livre saint croissent tout au long du Grand Siècle et davantage au temps des Lumières (exemplaire de « L’Alcoran de Mahomet» de Du Ryer vendu par Alde le 4 mars 2016 pour 1.329€). Les premières relations orientalistes dépeignent les rites et costumes des peuples turcs et arabes du Proche-Orient. Les recueils de planches et gravures de « turqueries » trouvent leur âge d’or au XVIIIème siècle (exemplaire du « Recueil de cent estampes (…)» de Le Hay vendu par Alde pour 2.500€ le 9 juillet 2020).

Photographies. [ABDULLAH FRÈRES].

Somptueux albumde 41 photographies de l'époque, par Abudllah Frères, raison sociale des photographes arméniens d'Istanbul.

Estimé par Alde, cet album passera en ventes aux enchères le 5 mai 2022.

Le basculement des sciences aux XVIIIème et XIXème siècle : la renaissance des empires antiques

La région du Moyen-Orient et du Levant est le théâtre de toutes les attentions dès le début du XIXème siècle. L’expédition napoléonienne de la campagne d’Égypte (1798 – 1801) fait naître une passion pour l’« ailleurs oriental » à toute une génération d’auteurs, de botanistes et d’historiens en quête d’exotisme.

Les découvertes des Français et des Anglais en Égypte font revivre la civilisation nilotique. L’ère de l’égyptomanie s’ouvre avec le décodage du hiéroglyphe par Jean-François Champollion (1790 – 1832) en 1822 (exemplaire de «L’Egypte sous les pharaons (…)» vendu par Alde le 09 juillet 2020 pour 688€). Conjointement à l’Égypte, les savants européens trouvent la clef de nombreux dialectes de l’ancienne Mésopotamie dans la première moitié du siècle. Les recherches, en ce temps, dans les actuels Syrie, Irak et Iran, aboutissent à un authentique attrait pour les peuples disparus du Croissant fertile (exemplaire de « L’Euphrate et le Tigre» par Anville vendu par la maison Alde le 27 avril 2018 pour 125€).

Le XIXème siècle est également celui d’une discipline scientifique spécifique aux régions du Proche et du Moyen-Orient : l’archéologie biblique. Pendant plus d’un siècle, les chercheurs occidentaux parcourent le Levant mais également la Perse sur les traces des protagonistes de la Bible. En effet, la région est à la fois le lieu de naissance du Christianisme mais aussi l’endroit où se déroulent la majeure partie des événements des textes saints. Les relations de voyages sur les traces du Christ mènent les lecteurs à Jérusalem, à Bethléem, à Capharnaüm mais encore dans les montagnes du Sinaï (exemplaire des «Souvenirs d’Orient» de Bonfils vendu le 09 juillet 2020 par Alde pour 1 625 €).

L’empire maritime portugais : l’exploration des côtes de l’Afrique et sa cartographie

Pendant la quasi-totalité du Moyen Âge, et ce dès les VIIème et VIIIème siècles, l’Afrique du Nord est occupé par les royaumes et califats islamiques. Alors coupée de l’Europe chrétienne, le continent africain ne connaîtra ses premières réelles vues de l’Occident qu’à partir du XIVème siècle pour des raisons économiques. En effet, les réelles motivations des nations et cités européennes médiévales sont claires : il devient nécessaire de trouver une nouvelle route commerciale entre l’Europe et l’Asie en contournant les restrictions tarifaires toujours plus durs des Musulmans. Là, des navigateurs aussi bien génois qu’espagnols et portugais découvrent pour la première fois des îles au large des côtes européennes et africaines dans l’océan Atlantique : les îles Canaries (1312), Madère (1351), l’archipel des Açores (1427) mais encore les îles du Cap-Vert (1456).

C’est au début du XVème siècle que les Portugais lancent des expéditions successives dans le but de faire la première véritable circumnavigation de l’Afrique pour atteindre les Indes orientales. En 1488, le navigateur portugais Bartolomeu Dias (1450 – 1500) atteint pour la première fois l’extrémité du continent africain en dépassant le cap de Bonne-Espérance. Et, c’est alors moins de dix ans plus tard que Vasco de Gama (1469 – 1524) dépasse les exploits de son prédécesseur en arrivant aux Indes par la voie maritime.

Les relations de voyages des explorateurs européens en terre africaine au cours du XVIème nourrissent de plus en plus un intérêt croissant pour la cartographie du continent. Les rares témoignages d’émissaires occidentaux ou de commerçants relatent l’existence de créatures imaginaires et de géants insolites en Afrique subsaharienne. Le cartographe allemand Sebastian Münster (1488 – 1552) est parmi les premiers à dépeindre les traits de l’Afrique que nous connaissons de nos jours (la rare carte de la « Cosmographie universelle» de Münster vendue aux enchères pour 4.346€).

Les découvertes occidentales au temps de la Traite négrière Atlantique

L’annexion du royaume du Portugal par l’Espagne en 1581 marque la fin d’un règne incontesté des navires lusitaniens sur les mers du monde pendant près d’un siècle. À tout souverain succède son prince : les Néerlandais voient dans l’émiettement de l’empire maritime portugais une opportunité exceptionnelle. En effet, les Hollandais convoitent énormément les possessions portugaises en Afrique car celles-ci sont sur la route maritime menant vers les Indes orientales et l’actuelle Indonésie. S’emparant tour à tour de villes côtières au Ghana (Elmina) et au Sénégal (Gorée), les colons des Provinces-Unies s’implantent durablement dans l’actuelle Afrique du Sud au moment de l’établissement de la colonie du Cap par Jan van Riebeeck (1619 – 1677) en 1652. L’implantation du Cap par les Hollandais sert de porte d’entrée vers les terres d’Afrique australe pendant plus de deux siècles (livre ancien Voyage au Cap de Bonne-Espérance (…) de Sparrman vendu pour 1.875€).

Le XVIIème siècle voit également la naissance des premières relations documentées des voyages en Afrique (rare ouvrage ancien de laDescription de l’Afrique (…) de Dapper vendu pour 6.500€). Les sociétés savantes européennes sont de plus en plus attentives à une description « scientifique » vraisemblable des animaux, des langues, des royaumes mais encore des religions des contrées d’Afrique. L’effusion de littérature en lien avec les voyages en Afrique d’alors est rendu possible grâce au triomphe de l’impression scientifique hollandaise au XVIIème siècle.

Les livres dépeignent de plus en plus les voyages sur les côtes africaines de l’océan Indien (alors appelé « océan Oriental »). Les aventures en Afrique de l’Est, de la Corne d’or jusqu’à la Tanzanie, en passant par les comptoirs arabes de Zanzibar, intéressent les lettrés du Vieux Continent (exemplaire de l’Afrique de Marmol Carvajal vendu 625€ par Alde le 09 juillet 2020).

L’Afrique occupe également une place centrale dans la littérature des Lumières au XVIIIème siècle. La Traite négrière, atteignant une croissance record à partir des années 1700, répond à une très forte demande en sucre des plantations du Nouveau Monde depuis le continent européen. L’esclavage soulève une question majeure au cours du siècle des Lumières où s’affrontent discours esclavagistes ou abolitionnistes dans une société (rare exemplaire du livre « Candide, ou l’Optimisme» de Voltaire vendu pour 13.750€ le 4 novembre 2021.Cet exemplaire du Code Noir ayant appartenu àBalthazard Émérigon, illustre avocat marseillais qui fut, à l'époque, un farouche opposant à la traite et à l'esclavage constituait un élément essentiel à posséder dans sa bibliothèque pour des collectionneurs passionnés par l'histoire de l'esclavage.

Le perfectionnement des sciences au XIXème siècle : un bouleversement dans la vision de l’Afrique

Le XIXème siècle voit naître de nombreuses disciplines scientifiques. La zoologie, la botanique mais encore l’archéologie prospèrent particulièrement sur le sol africain au tournant des années 1800.

Les découvertes des français et des anglais en Égypte font revivre la civilisation nilotique. L’ère de l’égyptomanie s’ouvre avec le décodage du hiéroglyphe par Jean-François Champollion (1790 – 1832) en 1822 (exemplaire de « L’Égypte sous les pharaons (…)» vendu par Alde le 09 juillet 2020 pour 688€). Conjointement à l’Égypte des rois antiques, les explorateurs s’aventurent jusque dans le mythique empire d’Éthiopie (ou d’Abyssinie) en remontant le cours du Nil Bleu. Perçu comme un isolat chrétien en terre musulmane, l’Ethiopie fascine par l’ancienneté de ses rites et la particularité de son écriture amharique (exemplaire d’un manuscrit éthiopien vendu par Alde le 29 avril 2021 pour la somme de 313€).

Les premières expéditions européennes dans le cœur de l’Afrique s’effectuent dès la fin du XVIIIème siècle avec l’exploration de Mungo Park (1771 – 1806). L’Afrique centrale devient alors une destination de prédilection des cartographes mais aussi des chercheurs démographes missionnés par les sociétés savantes françaises, anglaises et allemandes. Le voyage de l’Américain Robert Adams (1785 – 1837) rendent compte de la vie quotidienne des habitants de Tombouctou de 1810 à 1814 (exemplaire du « Nouveau voyage dans l’intérieur de l’Afrique (…) » vendu pour 500€ par Alde le 27 avril 2018). L’attrait est tel que l’explorateur français René Caillié (1799 – 1838) rêve de « gagner le prix offert par la Société de Géographie au premier Européen qui reviendra de la ville mystérieuse (Tombouctou) » (exemplaire du « Journal de voyage à Temboctou et à Jenné» vendu par la maison Alde au prix de 1.875€ le 09 juillet 2020).

La progressive colonisation territoriale de l’Afrique par les nations européennes à partir de la première moitié du XIXème siècle amène à une forte inflation de découverte. La conquête de l’Algérie par la France de 1830 à 1847 concentre tous les rêves d’exotisme et d’ailleurs. L’Afrique devient, plus que nulle autre, une terre de mystères et d’histoire (exemplaire de l’« Algérie historique (…)» de Berbrugger vendu par Alde le 27 avril 2018 pour 2.500€).

DAPPER (Olfert). Description de l'Afrique, contenant les noms, la situation et les confins de toutes ses parties, et leurs animaux, les mœurs, les coûtumes, la langue, les richesses, la religion et le gouvernement… 1686.

Première édition française de cet ouvrage très important sur le continent africain, traduite du néerlandais sur les éditions hollandaises de 1668 et de 1676.

Somptueuse illustration gravée en taille-douce, comprenant un titre-frontispice, une grande carte dépliante de l'Afrique, 28 planches et 14 cartes hors texte à double page et 55 figures dans le texte.

Médecin et géographe hollandais, Olfert Dapper (1636-1689) rédigea de nombreux ouvrages décrivant I'Afrique, la Chine, la Perse et la Géorgie, l'Arabie, etc., sans avoir jamais quitté les Pays-Bas, semble-t-il. Les planches de ses ouvrages, exactes et fort bien exécutées, assurèrent à son œuvre une grande notoriété. La Description de l'Afrique est son ouvrage le plus connu.

Nos lots
Livres anciens › Livres de voyage › Moyen-Orient Afrique

[TCHOBANIAN (Archag)]

La Roseraie d'Arménie

Estimation : 300 - 400 €
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CHEVRILLON (André)

Marrakech dans les palmes

Estimation : 100 - 120 €
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HANOTEAU (Adolphe)

Essai de grammaire kabyle

Estimation : 300 - 400 €
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LAMARCHE (Stéphane)

10 lithographies. Maroc

Estimation : 500 - 600 €
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LE RICHE (Henri)

Maroc. 1932-1933

Estimation : 120 - 150 €
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MIRKHOND (Mohammad ibn Khawand Shah, dit)

Historia Samanidarum persice

Estimation : 150 - 200 €
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SAINT-ARNAUD (Armand Leroy de)

Lettres. 1832-1854

Estimation : 150 - 200 €
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SOLTYKOFF (Prince Alexis)

Voyage en Perse

Estimation : 1500 - 2000 €
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TURPIN (François-Henri)

Histoire de l'Alcoran

Estimation : 200 - 300 €
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[ALGÉRIE]

Album de dessins

Adjugé : 2750 €
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[ORIENT]

Ensemble 4 ouvrages

Adjugé : 625 €
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BENYOWSKY (Maurice-Auguste)

Voyages et mémoires

Adjugé : 625 €