Alcools. Poèmes (1898-1913)








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>>>>>>> master - Estimation50000 - 60000 €
- SpécialitéÉditions originales littéraires du xix au xxi siècle
- ThèmeXx
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Paris, Mercure de France, 1913. In-12, maroquin vert foncé, riche composition mosaïquée sur les plats de motifs cubistes en box de différents tons de rouge et d’orangé dans un encadrement à fond de box vert clair semé de points dorés, titre Alcools mosaïqué en lettres de box vert clair dans la composition du premier plat, dos lisse, doublures et gardes de box vert clair semé de points dorés décorées de quatre variations cubistes en mosaïque de box rouge, grenat et orangé serti de filets à froid, doubles gardes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, chemise et étui gainés du même maroquin vert foncé (Paul Bonet, 1940).
Édition originale du premier grand recueil poétique d'Apollinaire.
Dès 1904, Guillaume Apollinaire (1880-1918) songeait à réunir l’essentiel de sa production poétique en une plaquette qui se serait intitulée Le Vent du Rhin. La composition générale du volume est achevée en 1912 et son titre est désormais Eau de vie. Seuls Zone et Chantre viendront rejoindre ultérieurement le recueil, dont le titre définitif, Alcools, donna lieu au préalable à de nombreuses discussions avec Gris, Raynal, Reverdy et Marcoussis.
À sa parution, l’ouvrage dérouta lecteurs et critiques par son absence de ponctuation. L’auteur avait en effet décidé brutalement de supprimer tout signe de ponctuation sur les premières épreuves de son livre – licence poétique qu’il justifia ainsi dans une lettre à Henri Martineau : « Pour ce qui concerne la ponctuation, je ne l’ai supprimée que parce qu’elle m’a paru inutile et elle l’est en effet, le rythme même et la coupe des vers voilà la véritable ponctuation et il n’en est point besoin d’une autre. »
En frontispice, un portrait cubiste d'Apollinaire par Pablo Picasso.
Envoi autographe signé de l'auteur à la couturière Germaine Poiret-Bongard :
À Madame Bongard
fleurs qui dansent
Hommage respectueux de
Guillaume Apollinaire
Germaine Bongard (1885-1971), sœur du couturier Paul Poiret et de la styliste Nicole Groult, était elle aussi couturière. De 1911 à 1925, elle tint la maison de couture Jove, qu’elle avait fondée au 5, rue de Penthièvre, à Paris, et où elle organisa dès 1915 des expositions artistiques d’avant-garde. Ce fut là, en particulier, qu'Apollinaire organisa la première exposition des Soirées de Paris en janvier 1917 (Peintures de Léopold Survage, dessins et aquarelles d'Irène Lagut).
Cinq corrections autographes de l’auteur aux pp. 71, 77, 92, 110, 189.
Un des 23 exemplaires de tête sur hollande Van Gelder, seul tirage en grand papier (n°17).
Louis de Sadeleer, qui a retrouvé au cours de ses recherches 22 des 23 exemplaires sur hollande d’Alcools, en cite 10 portant un envoi à un destinataire identifié ; celui-ci en fait partie.
Somptueuse reliure mosaïquée « à décor cubiste » conçue par Paul Bonet comme « un jeu de variations sur le thème du portrait » d’Apollinaire par Picasso reproduit en frontispice du recueil. L’exécution de la reliure est de Georges Cretté, la dorure de Lamagnère.
De 1940 à 1968, Paul Bonet a dessiné la reliure de 11 exemplaires d’Alcools, dont 6 sur hollande, s’inspirant le plus souvent du portrait cubiste de Picasso. La présente reliure est la troisième conçue par lui, la même année que les deux premières, qui sont quant à elles en maroquin noir. Paul Bonet a créé de nombreuses reliures pour les œuvres et les manuscrits d’Apollinaire, notamment l'édition des Calligrammes illustrée par Giorgio de Chirico.
On joint une précieuse lettre autographe signée d’Apollinaire au sujet du recueil, en manière de manifeste poétique, datée du 30 avril 1914 à Paris (une page in-8 sur papier fin à en-tête des Soirées de Paris, l'audacieuse revue littéraire et artistique fondée et animée par Apollinaire de février 1912 à août 1914) :
Monsieur,
Avez-vous reçu Alcools ? Je vous le demande parce que le volume est épuisé. Je ne saurais le remplacer au cas où la poste l’aurait égaré.
Vous le classerez dans l’école poétique qui vous plaira, je ne prétends faire partie d’aucune ; mais il n’en est aucune également à laquelle je ne me sente un peu attaché.
Veuillez recevoir, Monsieur, mes compliments très empressés,
Guillaume Apollinaire
Magnifique et très précieux exemplaire d’un des plus grands recueils poétiques de la littérature française.
Parfaite condition. Dos de l’étui-chemise passé.
Talvart, I, 80, n°7A – Apollinaire, Œuvres en prose, Pléiade, II, 612 – Louis de Sadeleer, « Recherche des exemplaires d’Alcools de G. A. sur papier de Hollande », Le Livre et l’Estampe, 1985-1986, nos 122 et 126 (ex. cité) – Paul Bonet, Carnets, n°461.