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La Condition humaine

MALRAUX (André)
lot 220
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Paris, Gallimard, 1933. In-12, broché, chemise et étui.
Édition originale.
Exemplaire du service de presse.
Envoi autographe signé de l'auteur au poète dadaïste Pierre de Massot (1900-1969).
On joint trois lettres relatives à l'ouvrage :
1° une belle lettre autographe signée de Malraux sur La Condition humaine, le christianisme et le communisme (2 pp. à en-tête de la NRF), datée du 21 septembre [1933]. Malraux y remercie son interlocuteur pour son étude – « une des plus attentives qui m'ait été consacrées » – et développe deux points. Le premier traite du christianisme : « vous écrivez que le pasteur Smithson n'est peut-être pas qualifié pour parler. Si vous voulez dire [… ] que le chrétien possède d'autres voix, j'en suis mille fois d'accord. [… ] Si j'écrivais un essai sur le christianisme, j'écrirais autrement sans doute, davantage à coup sûr [… ] ». Le second point concerne le communisme : « Quant au communisme, il y a ce que dit Commune, mais aussi ce que dit Boukharine, ce que disent les cinq cents écrivains du congrès de Moscou qui demandent un nouveau Shakespeare. Et notez que La Condition humaine va paraître à Moscou intégralement, que Meyerhold en tire une pièce et Eisenstein un film [… ]. Pour le fond, la valeur essentielle du communisme à mes yeux (disons exactement : de la civilisation soviétique), c'est de recréer (de permettre de nouveau l'existence) le héros positif, comme celui du XIIIe siècle ou de Rome, alors que la civilisation bourgeoise implique le héros négatif [… ]. » (Fine coupure dans le pli de la lettre).
2° une lettre autographe signée de Jean Daujat à un ami (2 pp. à en-tête du Centre d'études religieuses) dans laquelle il envisage la publication de la lettre de Malraux dans la revue Orientations (1933-1939).
3° une lettre autographe signée d'André Fraigneau à André Malraux, s.d. : « J'ai appris, en même temps, que vous êtes un homme qui prouve ses livres et que ses livres prouvent. Vous être dérangé de chez vous pour moi seul (moi en tant qu'homme qui appelle bien entendu) et puis, ce début de la "Condition humaine". Jamais on avait appris que servir ou tuer était le même geste, et que "l'humain pur" [biffé : dont j'ai parlé] était atteint à ce moment de solitude la plus vive. [… ] Convenons que j'attends "la suite" du livre et que ce sera ma tournée de "verres" après le bureau. »