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La Femme pauvre

BLOY (Léon)
lot 22
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Paris, Mercure de France, 1897. In-12, maroquin brun, jeu de filets à froid en encadrement, dos orné de même, jeu de filets à froid sur la bordure intérieure, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, étui bordé (P.-L. Martin).
Édition originale.
Exemplaire sur papier d'édition (il n'a été tiré en grand papier que 5 japons et 15 hollandes), avec le bon achevé d'imprimer daté du 15 mai 1897. Il est bien complet des deux feuillets de catalogue imprimés sur papier rose. La couverture porte une mention de Quatrième édition.
Superbe envoi autographe signé de Léon Bloy à Juliette Vignes, daté de mai 1910 : « Voici un livre, ma chère Juliette, qui fut écrit pour vous, encore plus, je pense, que le « Désespéré ». Faites-en l’expérience. Je suis si peu le compagnon d’infortune de Paul Bourget que je ne me lasse pas de me relire & que je voudrais pouvoir donner le goût de ce livre à toutes les femmes riches. Mais la puissance divine elle-même ne parvient pas à toucher ces chiennes. Vous le savez. Alors que voulez-vous que fasse un pauvre écrivain qui n’a que des larmes à leur offrir, des larmes terribles qui risqueraient de brûler leurs belles robes ou tout du moins de délayer leur peinture & de les montrer ce qu’elles sont en réalité, des caricatures démoniaques, effroyables de la ressemblance de Dieu. »
Léon Bloy fut, dans les années 1910-1911, l’ami de Juliette Vignes, couturière de son état, et de son mari Georges, médecin,
avec qui il finirait par se brouiller. Il publia le texte de cet envoi dans son journal Le Vieux de la Montagne en 1911.
Élégante reliure de Pierre-Lucien Martin.
Dos très légèrement éclairci.
On joint une lettre autographe signée de Léon Bloy à Gustave de Malherbe sur La Femme pauvre. Montrouge, 29 janvier 1897. 2 pp. in-8.
« … Vous êtes, parmi mes très rares amis, l’un de ceux qui m’ont secouru le plus noblement. Je touche enfin aux derniers chapitres de la « Femme pauvre ». Ce livre douloureux qui m’a tant coûté & que je traîne avec tant de labeur, depuis si longtemps, est près de sa fin. L’éditeur qui l’attend croit à un succès. Par ce roman & par le « Mendiant ingrat » qui paraîtra presque simultanément en Belgique, je puis être, une bonne fois, délivré de la misère. Ma vie peut changer en un instant. C’est mon effort suprême, c’est mon grand coup… donc à l’heure actuelle, il ne me reste qu’un petit nombre de chapitres à écrire & j’ai décidément la certitude d’avoir achevé mon œuvre dans la première quinzaine de mars, en supposant, bien entendu, que je ne sois pas interrompu par la colique… »
Cette lettre a été publiée par Joseph Bollery (Léon Bloy, III, pp. 241-242).