Les Essais

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Les Essais sont l’œuvre majeure de Michel de Montaigne, fruit d’un travail d’écriture et de réécriture permanent - les trois livres qui la composent furent écrits entre 1571 et 1588, pour un total de 107 chapitres abordant des thématiques variées. Cet essai appartient au genre de l'Humanisme et a été publié chez Simon Millanges, Jean Richer et Abel L'Angelier.
I/ Contexte et résumé des Essais
Il est difficile de faire un résumé détaillé des Essais. Il ne s’agit en effet pas à proprement parler d’un récit, mais d’une série de réflexions, réparties à travers 107 chapitres divisés en 3 livres, abordant des thématiques diverses. Chaque chapitre va aborder un sujet différent, généralement indiqué dans son titre : “De l’oisiveté”, “Des livres”, “De l’amitié”, ou encore “De l’expérience”, Montaigne s’attaque à tous les sujets qui lui tiennent à cœur, en suivant les tenants de l’Humanisme.
Mais certains chapitres - notamment dans le deuxième et troisième livre - traitent également des voyages de l’auteur, tout en apportant un éclairage sur ses sentiments et sa vie intérieure. Les Essais peuvent donc, par certains aspects, avoir une dimension autobiographique. Comme le nom de l’ouvrage l’indique, les Essais sont un va-et-vient permanent, écrits à différentes périodes de sa vie (les livres I et II sont rédigés entre 1571 et 1580, le livre III en 1588), et dans lesquels l’auteur livre ses réflexions et observations.
II/ Analyse des Essais
À travers les thématiques variées abordées par Montaigne (arts, histoire, médecine, chevaux, affaires domestiques, etc.), l’auteur se dépeint lui-même, et à travers lui, sa philosophie. C’est là le “charmant projet qu’il a eu de se peindre” selon le mot de Voltaire, “car il peint la nature humaine”.
On y retrouve une réflexion très marquée par le questionnement et une remise en cause permanente - moins un véritable scepticisme qu’un rejet des opinions extrêmes. Montaigne préfère parler de conjectures là ou d’autres emploient le mot vérité. On retrouve également une philosophie proche du mouvement épicurien, mettant en avant nature et savoir-vivre.
Néanmoins, les Essais de Montaigne s’inscrivent avant tout dans le mouvement humaniste, bien que moins triomphant que dans les œuvres de Rabelais ou d’Erasme. L’Homme reste au cœur des préoccupations de Montaigne, mais de façon plus humble, en lui reconnaissant ses faiblesses et ses vicissitudes. L’esprit humain, d’après Montaigne, ne saurait découvrir le Vrai du fait de ses imperfections, tout savoir acquis ne peut être que relatif. Plutôt que de décrire la possibilité future d’un homme exceptionnel, l’auteur préfère décrire et louer l’homme ordinaire dans toute sa diversité et sa complexité.