Médaille religieuse

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Les origines antiques et médiévales de la médaille religieuse

La médaille religieuse, comme nous l’entendons, tire ses origines dans les amulettes et les talismans de l’Antiquité. Ces objets de dévotion relevaient des coutumes religieuses du culte des dieux antiques du panthéon égyptien, grec ou romain. Ces amulettes arborent les instruments du culte antique, les temples et lieux saints et, pour la plupart, l’effigie des dieux.

L’Église, dès la première moitié du Ier millénaire, travaille davantage à christianiser les coutumes païennes plutôt qu’à les détruire. Les médailles religieuses de dévotion abandonnent alors tout le caractère ésotérique et superstitieux des amulettes qu’on leur reproche. Dans l’usage paléochrétien de la religion, les médailles religieuses sont parmi les seuls témoignages de dévotion personnelle des fidèles. Certaines congrégations ou confréries d’alors donnent aux croyants des médailles commémoratives de fêtes religieuses (Dimanche des Rameaux ou célébrations de la Pâques).

Les ordres religieux : une lutte de foi et de médailles

Dès l’ère médiévale, les institutions ecclésiastiques ainsi que le pouvoir royal gratifient les hommes entrant dans les rangs de Dieu. En effet, l’ordre, à savoir l’ordo, désigne la règle religieuse que s’engagent à observer les novices entrant dans l’opus dei, le service de Dieu. Distinction suprême parmi les honneurs, l’initié doit respecter ce service jusqu’au crépuscule de sa vie. Son engagement peut le mener à passer une vie de contemplation dans un monastère mais aussi à combattre pour la chrétienté en Terre sainte ou en Espagne mauresque.

En effet, dans la société médiévale du « beau Moyen Âge », nous distinguons trois catégories d’ordres dans le christianisme. Les ordres hospitaliers font vœu de soins aux malades nécessiteux à l’égal du Seigneur. Parmi eux, nous trouvons l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem plus connu sous le nom de l’ordre des Hospitaliers. En second lieu, les ordres militaires voient leurs rangs remplis par des moines guerriers au service de Dieu. Ces ordres, parmi lesquels nous connaissons l’ordre du Temple ou l’ordre des chevaliers teutoniques, apparaissent dans un contexte de défense de la chrétienté contre « ses plus viles menaces ». Enfin, les ordres contemplatifs sont représentés par des moines choisissant une vie d’ermite. Nous pouvons alors citer les bénédictins, les chartreux mais encore les carmélites.

Dans la France de l’Ancien régime, le pouvoir religieux se confond toujours plus avec le pouvoir royal. En effet, dans un contexte de renforcement du gallicanisme (doctrine religieuse française voulant réduire l’influence de l’Eglise catholique dans le pouvoir du roi), le souverain veut récompenser ses plus fidèles élites de décorations royales. Ces ordres de chevalerie sont décernés à la noblesse française. Parmi eux, nous pouvons citer l’ordre de Saint-Michel (1469), l’ordre du Saint-Esprit (1578) mais encore l’ordre de Notre-Dame-du-Mont-Carmel (1608). Aucuns de ces ordres ne survivent aux âpres de la Révolution française ni même aux tentatives de revitalisation des anciens ordres français par la Restauration.

La médaille miraculeuse : des apparitions mariales parisiennes à sa retentissante diffusion

Au plus loin que la chrétienté ne nous permette de le voir, des croyants témoignent de visions de la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ. Ces apparitions mariales, accompagnées de miracles, font l’objet de pèlerinages mais aussi d’actions caritatives d’envergure. Parmi les apparitions les plus connues, nous pouvons citer les apparitions de Marie à Lourdes en France.

De juillet à décembre 1830, la sœur Catherine Labouré relate une série de trois apparitions de la Vierge Marie dans la chapelle du couvent de la rue du Bac à Paris. Dans la seconde d’entre elles le 27 novembre 1830, la Vierge Marie demande à la jeune femme de frapper des médailles à son effigie car : « tous ceux, dit-elle, qui la porteront (…) jouiront d’une protection toute spéciale de la Mère de Dieu ». Malgré les réticences de son supérieur spirituel, les apparitions de Catherine Labouré trouvent un écho particulier chez l’archevêque de Paris. Les médailles gagnent une popularité sans précédente dès la première émission en 1832 que ce soit en France comme à l’étranger.

Les médailles miraculeuses de Catherine Labouré se veulent être le reflet d’une Marie, Mère de Dieu « conçue sans péché ». D’une considération populaire inégalée, les médailles de la rue du Bac perpétuent, jusqu’à notre époque, la tradition de la médaille religieuse.