
[MONNAIES]

C’est dans une société basée sur le troc depuis les heures les plus reculées du néolithique que, dès le IIIe millénaire avant notre ère, nous trouvons en Mésopotamie et en Égypte des instruments de paiement hybrides ou protomonétaires. C’est alors que, dorénavant, pour payer un bien, il est indispensable d’échanger un équivalent entre celui-ci et des produits manufacturés précieux. Homère, dans ses textes, évoque des paiements avec des « chaudrons » ou des « haches ».
Il faut attendre le milieu du VIIème siècle avant J.-C. pour voir émerger les pièces de monnaie « modernes » en Anatolie, dans l’ouest de l’Asie mineure (exemplaire d’un Trité d’électrum de Sardes vendu pour 3.416€ par la maison Alde le 24 juin 2019). L’historien grec Hérodote et le poète latin Ovide, dans ses Métamorphoses, avancent que l’invention de la monnaie moderne remonte à Crésus, dernier roi de Lydie. Celui-ci est le maître du fleuve Pactole dont le lit et les berges regorgent de richesses en électrum (alliage naturel d’or, d’argent et de cuivre). Pline l’Ancien, dans son Histoire naturelle, dit que ce précieux métal est, lorsque qu’exposé à la lumière : « plus éclatant que l’argent ».
Dans la Grèce classique des cités, l’avers montre systématiquement la figure d’une divinité tandis que le revers représente le symbole de la cité émettrice comme dans l’exemple de l’Hélios rhodien ou d’Athéna pour la capitale de l’Attique (exemplaire d’un tétradrachme athénien vendu le 24 juin 2019 par la maison Alde au prix de 3.660€ / exemplaire d’un tétradrachme siculo-punique vendu le 19 octobre 2016 pour la somme de 7.320€). Mais il faut attendre les prémices de l’époque hellénistique pour que les pièces de monnaies se personnalisent. En effet, les souverains macédoniens vont, de façon précoce, affubler le droit de leurs monnaies de leur portrait (exemplaire d’un tétradrachme d’Alexandre III le Grand vendu par la maison Alde pour 976€ le 24 juin 2019). Cette tendance s’intensifie à la suite de la guerre des Diadoques à la mort d’Alexandre le Grand sur les monnaies ptolémaïques, séleucides et antigonides (exemplaire d’un tétradrachme égyptien de Ptolémée Ier Soter vendu par la maison Alde pour la somme de 1.708€ le 19 octobre 2016).
Du côté de la péninsule italienne, Rome développe ses premières monnaies métalliques avec l’as en bronze (exemplaire d’un as de Jupiter bifrons vendu par la maison Alde le 19 octobre 2016 pour la somme de 2.440€). Ses outils d’échanges commerciaux sont en premier libellés en équivalent de tête de bétail comme nous pouvons l’apercevoir sur les æs signatum à figure bovine. Le terme français « pécunier » dérive par ailleurs du latin pecus (le bétail) et « capital » du mot latin capita (les têtes de bétail). Mais les premières pièces de monnaies romaines comme nous les concevons font leur apparition à l’extrême fin du IVe siècle à la veille de la première guerre punique lorsque Rome se lance à la conquête du pourtour méditerranéen. La cité latine développant de plus en plus son commerce, réforme l’as libral d’une valeur d’une livre romaine (près de 324 grammes) et introduit le denier en argent.
Après les sanglantes querelles des Guerres civiles romaines et la fin de la République, une période de prospérité politique et économique marque les deux premiers siècles de l’Empire. Mais, les incessantes incursions barbares à travers le limes impérial et les trouble internes au régime vont amener à une inévitable dévaluation de la monnaie durant le Bas-Empire. C’est alors que la monnaie subit une forte dépréciation (la part de métaux viles dans les monnaies augmente par rapport aux métaux précieux tendant alors de plus en plus à des monnaies fiduciaires ou de confiance). Pour palier à cette carence, l’empereur Constantin opère une totale refonte du système monétaire romain dans le premier tier du IVe siècle de notre ère en inventant le solidus en or (exemplaire d’un solidus de Constantin II vendu le 06 octobre 2017 par la maison Alde pour la somme de 6.100€).
Durant l’Antiquité, les institutions émettrices des cités ou des royaumes ont recours à deux procédés de fabrication. D’abord, les monnaies sont coulées. C’est-à-dire que le métal incandescent est coulé dans des moules d’argile où les reliefs sont inscrits en creux. Ce procédé est utilisé pour produire les monnayages étrusques, gaulois ou républicains. Mais, cette méthode étant exclusivement réservée aux monnaies en bronze, les métaux les plus précieux sont quant à eux frappés.
Les graveurs de monnaies (les « scalptores » romains) taillent des coins monétaires à partir d’une matrice. Le coin de revers est maintenu par des tenailles et le flan de métal chauffé est posé dessus. L’artisan frappe ce même flan avec le coin d’avers et sa force lui fait imprimer les deux faces de la monnaie en même temps. Si le procédé nécessite davantage de force, l’artisan frappe une seconde fois en lieu et place de la première en opérant une « double-frappe ».

Grèce antique, Sicile, Syracuse. Tétradrachme (485-479).
A/. Quadrige au pas à droite. Niké volant à droite couronne les chevaux. R/. Tête d’Aréthuse à droite, cheveux relevés, entre quatre dauphins.
Argent. 17,32 g.
En raison du faible volume de sources écrites de l’antiquité étant parvenues jusqu’à nos yeux du XXIe siècle, la science numismatique joue un rôle majeur dans notre apprentissage des mœurs des civilisations grecque et romaine.
Dans un premier temps, l’histoire des monnaies antiques renseigne, sans nul autre pareil, sur l’histoire politique, religieuse et artistique des entités émettrices. Par exemple, dans le cas du mode grec, il est des cités que ne nous sont connues que par des monnaies. Aussi, les monnaies nous témoignent de l’histoire économique des royaumes, républiques et empires de l’Antiquité. Celles-ci rendent alors possible la compréhension de la naissance de la monnaie à Rome mais aussi les différentes réformes monétaires durant les siècles de l’Empire. Enfin, l’étude des monnaies antiques rend compte des techniques (du grec τέχνη ou technè) des monnayeurs d’alors ayant recours à des outils spécialisés.
Pour un archéologue, la présence mais aussi l’absence de monnaies sur un chantier de fouille permet de déduire de potentiels échanges économiques entre plusieurs groupes.

[MONNAIES]
EGYPTE - Ptolémée I Soter (305-282 av. JC)

[MONNAIES]
Empire Kouchan - Huviska (126-164 ap. JC)

[MONNAIES]
Empire Kouchan - Huviska (126-164 ap. JC)

[MONNAIES]
Empire Kouchan - Huviska (126-164 ap. JC)

[MONNAIES]
Empire Kouchan - Kanishka (105-150 ap. JC)

[MONNAIES]
Empire Kouchan - Vasudeva Ier (185-228 ap. JC)

[MONNAIES]
Empire Kouchan - Vasudeva III (260-360 ap. JC)

INDE. EMPIRE KOUCHAN. HUVISKA (150-191).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. HUVISKA (150-191).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASKUSHANA ( = VASISHKA) (249-265).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASKUSHANA ( = VASISHKA) (249-265).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASKUSHANA ( = VASISHKA) (249-265).
INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASKUSHANA (= VASISHKA) (249-265).

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASU (DEVA) II et successeurs (295-385).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASU (DEVA) II et successeurs (295-385).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASU DEVA (191-225 ap. J.C.).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASU DEVA (191-225 ap. J.C.).
Dinar d'or.

INDE. EMPIRE KOUCHAN. VASU DEVA I (191-225 ap. J.C.).
Quart de dinar d'or.

ROYAUME KOUSHAN-SASSANIDE - VARAHRAN KUSHASHAL (370 - 395).
Dinar.

ROYAUME KOUSHAN-SASSANIDE - VARAHRAN KUSHASHAL (370 - 395).
Dinar Scyphate.

ROYAUME KOUSHAN-SASSANIDE - VARAHRAN KUSHASHAL (370 - 395).
Dinar Scyphate.

PATIN (Charles)
Imperatorum romanorum numismata ex ære mediæ et minimæ formæ

.GRÈCE - Lydie - Crésus (561 - 546 av. J.C.).
Hémi-statère d'argent.

[MONNAIES]
Rome. LOT de 3 deniers et 3 antoniniens

[MONNAIES]
GRÈCE - Macédoine - Alexandre le Grand (336-323 av. JC). LOT de 2 monnaies d'argent

BACTRIANE. Ménandre (160-140 av. J.C.).
Lot de 2 monnaies = tétradrachme.

Denier frappé à OSCA (Huesca) en 80/72 av. J.C.
Celtibères.

ÉGYPTE. Ptolémée V (204-180 av. J.C.).
Lot de 2 tétradrachmes.

Empire Romain.
Lot de 12 Deniers, antoniniens, folles.

GAULE.
Lot de 16 monnaies de bronze, billon et argent.

GRÈCE - Lydie (625 - 561 av. J.C.).
Hémi-statère d'électrum au Lion.

GRÈCE.
Lot de 11 monnaies d'argent, module hémidrachme et obole, et 1 d'électrum.

GRÈCE.
Lot de 18 monnaies d'argent, module drachme.

GRÈCE.
Lot de 7 monnaies d'argent.

GRÈCE.
Lot de 7 monnaies d'argent.

GRÈCE. Macédoine. Alexandre le Grand (336-323 av. J.C.).
Lot de 5 monnaies d'argent.

GRÈCE. Sicile. Syracuse. Philistis (272-215 av. J.C.).
Drachme.

République Romaine.
Didrachme d'argent à la tête de Janus.

République Romaine.
Lot de 16 deniers variés.

République Romaine.
Lot de 2 deniers.

Royaume Parthe (191 av. J.C. - 207 ap. J.C.).
Lot de 10 drachmes d'argent.

Tétradrachme, Acé (326/325).
Tétradrachme, Acé (326/325).