Collection Michel Wittock. Cinquième partie. De Bonaparte, Premier Consul à Napoléon III, Empereur

jeudi 24 octobre 2013 à 14h30
Hôtel du Louvre - Salon Rohan - Place André Malraux - 75001 Paris
Images du lot disponibles
7
Estimation
8,000 - 12,000 euros
Specialité
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BOUCHET (G.).Serees de Guillaume Bouchet, juge et consul des marchands à Poictie...
BOUCHET (G.).
Serees de Guillaume Bouchet, juge et consul des marchands à Poictiers. Livre premier [deuxième et troisième].
À Rouen, Chez Louys et Daniel Loudet – Chez Louys Loudet, 1635 – 1634 – 1635, 3 vol. in-12, maroquin saumon, sur les plats, encadrement à la Duseuil, médaillon central, dos à nerfs ornés d’un décor au pointillé, roulette intérieure dorée, tranches dorées (Ex opificina Jos. Thouvenin).


Édition rouennaise de ce texte, dont le premier livre parut en originale en 1584 et les deux autres, de manière posthume, en 1597 et 1598. Un panorama de la société où souffle l’esprit curieux et facétieux du siècle de Rabelais. Les Sérées (soirées) du libraire et imprimeur poitevin, Guillaume Bouchet (ca. 1513-1594) s’inscrivent dans un genre littéraire très en vogue au XVIe siècle. À la manière des Propos rustiques (1547) de Noël du Fail (chez les paysans), de L’Esté (1583) de Bénigne Poissenot (chez les étudiants) ou du Moyen de parvenir (1617) de Béroalde de Verville, l’auteur compose un recueil de dialogues censés être le reflet des conversations et des propos tenus dans le milieu de la bourgeoisie poitevine. Écrit sur un ton très vivant, le texte mêle soigneusement, autour de thèmes choisis (le vin, les femmes et les filles, les accouchées, les cocus et les cornards, les avocats, les médecins, les Mores, les décapités ou les pendus…), des anecdotes pittoresques, des traits satiriques voire obscènes et des citations érudites ou pseudo-érudites issues des nombreuses lectures de l’auteur. Véritable panorama satirique de la société composé par un bourgeois poitevin, ce recueil est aussi une mine philologique que Charles Nodier et Eugène Viollet-le-Duc regardèrent comme l’un des répertoires de bons mots et de facéties les plus curieux et les plus complets jamais publiés. On doit aussi à Guillaume Bouchet une Complainte du cerf à M. du Fouilloux, paru dans La Vénerie de celui-ci en 1561, et un Recueil de tous les oiseaux de proye qui servent à la vollerie et fauconnerie, paru dans La Fauconnerie de Jean de Franchières, en 1567. Les reliures « aux écussons » exécutées par Joseph Thouvenin pour Charles Nodier (1780-1844) : une complicité bibliophilique. Conteur lui-même, l’auteur de Trilby (1822) et de La Fée aux miettes (1832) fut un érudit passionnément épris de tout ce qui touchait aussi bien à la langue qu’au livre. Amateur d’éditions anciennes et rares, il contribua à la création du Bulletin des bibliophiles pour le libraire Jacques-Joseph Techener (1802-1870).
Quant aux exemplaires qu’il acquérait pour sa propre bibliothèque, ceux-ci manifestent un goût et des exigences de qualité qui préfigurent la bibliophilie moderne. Joseph Thouvenin, qui avait été l’élève de François Bozerian, fut l’un des plus importants relieurs de la première moitié du XIXe siècle. Cependant, il pratiquait aussi la reliure courante de qualité à tarif fixe, et Nodier, dont la fortune était modeste, lui confia le soin de vêtir ses livres. Bientôt, de leur estime mutuelle naquit une solide amitié et l’habituelle relation client-praticien devint une réelle collaboration. Thouvenin réalisa alors à la demande de Nodier des reliures qui se démarquent autant par leur aspect novateur que par leur référence au passé, telles les reliures dites « à la fanfare », « à la Duseuil »… Parmi les fruits de leur complicité, les reliures « aux écussons » sont un cas à part. Inspirées d’éléments anciens recombinés, elles portent respectivement, dans des médaillons qui se répondent d’un plat à l’autre, les inscriptions latines « Ex Musæo Caroli Nodier » et « Ex Opificina Jos. Thouvenin ». Il s’agit là du seul exemple connu d’association des noms du commanditaire et du relieur, « en miroir », sur la reliure : une manière très originale pour le collectionneur de dire la reconnaissance qu’il voue à son praticien pour l’excellence de son travail et son amitié. En 1982, Pascal Ract-Madoux établit une liste de 61 reliures dites « aux écussons » réalisées par Thouvenin pour Charles Nodier et propose de dater leur exécution entre 1830 et 1834. Exemplaire cité par Tchemerzine. Mors restaurés. Dimensions : 159 x 99 mm. Provenances : Charles Nodier ; Armand Bertin (Cat., Paris, 4-20 mai 1854, n°1273), avec son ex-libris ; Baron Léopold Double (Cat., Paris, 24-27 mars 1863, n°216), avec son ex-libris ; E. Huillard (Cat., Paris, 14-19 févr. 1870, n°766 bis) ; Alphonse Willems (Cat., Paris, 4-7 mai 1914, n°422) ; Général Jacques Willems (note manuscrite) ; Librairie Pierre Berès (Cat., n°69 [1977], n°59, avec reproduction).
Expositions : […], Une vie, une collection, Bibliotheca Wittockiana, 10 oct. 2008-28 févr. 2009, Éditions Faton, 2008, p. 78-79 (notice sur Charles Nodier, avec reproduction) ; Culot (P.), Relieurs et reliures décorées en France à l’époque romantique, Bibliotheca Wittockiana, 7 oct. 1995-20 janv. 1996, Bruxelles, n°165, avec reproduction. Tchemerzine-Scheler, I, 936-937 ; Nodier (C.), Description raisonnée d’une jolie collection de livres, 1844, p. 386, n°926, « la meilleure édition » ; Coulet (H.), Le Roman jusqu’à la Révolution, Armand Colin, 2009, p. 121-124 ; […], Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie, BNF, pp. 158-159 ; Devauchelle (R.), Joseph Thouvenin et la reliure romantique, Blaizot, 1987, pp. 137-140 et 152-157 ; Culot (P.), Relieurs et reliures décorées en France à l’époque romantique, Bibliotheca Wittockiana, 1995, pp. 560-561 (notice sur Joseph Thouvenin) ; Ract-Madoux (P.), « Les Reliures aux écussons de Charles Nodier », dans Bulletin du bibliophile, 1982, III, pp. 381-391, n°*58-(926), cet exemplaire.
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