Collection Michel Wittock VI

vente live: jeudi 12 novembre 2015 à 14h30
Salle Rossini 7 rue Rossini 75009 Paris
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36
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8,125 euros
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Missale parisiense... Caroli-Gaspar-Guillelmi de Vintimille... auctoritate, ac v...
Missale parisiense... Caroli-Gaspar-Guillelmi de Vintimille... auctoritate, ac venerabilis ejusdem ecclesiæ capituli consensu editum. Paris, Simon, Coignard, Hérissant, Desaint pour les libraires de Paris, 1738. In-folio (426 x 276 mm), maroquin rouge, large dentelle dorée composée de six grands fers à raccords et agrémentée de moindres fers de coquillages, fleurs à pistil, fleurettes et points, monogramme (mar) répété dans les fers d'angles, cartouche rocaille surmontée d'une couronne royale fermée contenant le même monogramme et une croix pattée, dos orné de cartouches ovales au même monogramme entourés de petits fers, monogramme (ma) répété en tête et en queue, coupes ornées, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure, douze onglets de soie rouge (Reliure de l'époque). Somptueux missel parisien, exécuté sur ordre de l'archevêque Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc.
Impression en rouge et noir, avec le texte sur deux colonnes dans un encadrement de filets, contenant 66 ff. de plain-chant gravés sur bois en rouge et noir, dont 72 pp. pour les Passiones cum cantu insérées sous pagination séparée à la fin de volume.
Le volume est enrichi de 19 ff. de texte supplémentaire, formant 6 ff. au format in-4 insérés dans la reliure relatifs à la célébration des fêtes spéciales pour la Sainte Vierge, saint Sulpice, saint Vincent de Paul et sainte Jeanne de Chantal et 13 ff. à l'usage du séminaire de Saint-Sulpice, paginés séparément et réemmargés au format en fin de volume.
L'illustration, gravée en taille-douce par Petit, se compose d'une vignette aux armes de l'archevêque sur le titre et de dix figures, dont une dans le texte et une hors texte en tête du Canon signées de Petit d'après Le Brun et huit figures en tête des chapitres, coupées à la gravure et montées hors texte sur vergé fort.
Belle et imposante reliure de style rocaille à très larges fers et cartouches frappés du monogramme de la Vierge, attribuable à Padeloup aussi bien qu'à Dubuisson.
Conféré à la Vierge Marie, le monogramme mar frappé dans le grand cartouche central, orné de la croix et des clous de la Passion, pourrait, suivant Beraldi, dénoter une chapelle royale, du fait de la couronne fermée dont il est surmonté. De fait, l'inclusion de plusieurs prières spécifiques à Saint-Sulpice, et notamment des Messes propres au séminaire de cette paroisse, suggère une provenance paroissiale parisienne, peut-être le séminaire de Saint-Sulpice lui-même. La curieuse juxtaposition du monogramme de Marie, mar, et du chiffre ma, répété neuf fois en tête et en pied du dos, renforce l'hypothèse d'un exemplaire relié pour les sulpiciens, dont l'ordre portait le monogramme ma ou am pour Ave Maria, et dont les paroisses et missions étaient presque toujours dédiées à la Vierge.
Le doreur a fait usage pour les six monogrammes des entrenerfs d'un cartouche de fanfare sans prolongement de torsade et de fers simples dans le style des petits fers du siècle précédent. Cette utilisation de fers et styles archaïsants évoque les reliures dorées par Antoine-Michel Padeloup (1685-1758), par ailleurs renommé pour l'usage de très grands fers décoratifs sur les reliures de grand format. Ce décor aux très grands fers peut également être attribué à son contemporain René Dubuisson, auquel Padeloup faisait parfois appel pour ce genre de décors : on trouvera en effet parmi ceux-ci des éléments décoratifs repris par son fils Pierre-Paul Dubuisson, qui, en sus des plaques qui l'ont rendu célèbre, faisait aussi usage de larges fers. On trouve ici son emploi du fer « en anse de tiroir » sur la bordure des plats. Pierre-Paul Dubuisson, actif dès 1746, fut par ailleurs le successeur direct de Padeloup au titre de relieur du roi.
On trouve ces plaques sur trois autres ouvrages de grand format recensés par Paul Culot : l'exemplaire d'Aéglé, ballet de Mr de La Garde, s.l.n.d., de la collection Rahir (1910, n°232, pl. 42 et cat. 1930, I, n°132), un recueil d'opéras manuscrit, s.d. (Librairie Rau, Paris, cat. IV, 1934, n°203, pl. IV) l'exemplaire des Fables choisies de La Fontaine, 1755-1759, de la collection Ortiz-Patiño (1998, I, n°145), où ces plaques sont accompagnées de quelques fers d'animaux au naturel.
De la bibliothèque Henri Beraldi (ex-libris, vente II à Paris, 29-31 mai et 1er juin 1934, lot 178 « riche reliure pouvant être attribuée à Padeloup »).
Infimes restaurations aux coins inférieurs, quelques mouillures marginales.
Expositions : Cinq siècles d’ornements, n°79 – Une vie, une collection, n°30.
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