Collection Michel Wittock VI

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starts: November 12, 2015 @ 02:30 PM
Salle Rossini 7 rue Rossini 75009 Paris
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24
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15,000 euros
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SCRIBANI (Charles). Antverpia. – Origines Antverpiensium. Anvers, Officina Plant...

SCRIBANI (Charles). Antverpia. – Origines Antverpiensium. Anvers, Officina Plantiniana, Jean Moretus, 1610. 2 parties en un volume in-4 (256 x 170 mm), maroquin rouge, triple filet doré, monogramme grec νκφπ doré au centre, dos orné de filets et fleurons dorés, coiffes guillochées, tranches lisses (Reliure de l'époque).

Édition originale de cette importante monographie sur la ville d’Anvers.
L’ouvrage se compose de deux parties, publiées séparément par Jean I Moretus, dont ce sont les dernières publications ; sa succession à la tête de l’ancienne imprimerie de Plantin fut ensuite assurée par sa femme et ses deux fils.
La première partie, Antverpia, est à dédiée à l'histoire et à l'architecture de la cité. Elle est suivie d'un appendice de 24 pp. sous le titre général Η πρωτογενεια και επιστρεφομενη τυχη της Aνβερσης, composé d'une dédicace en prose et de six éloges d'Anvers en vers grecs et hébreux, chacun signé L.S. ou G.S.
Dans la seconde partie, Origines Antverpiensium, l'auteur traite de divers aspects sociaux, culturels et artistiques de la ville d'Anvers, tels le système éducatif, les coutumes alimentaires et vestimentaires, la marche du commerce, etc.
L'illustration, gravée en taille-douce, comprend une carte du diocèse d'Anvers, deux plans de la ville et de la citadelle, ainsi que quatre planches dépliantes représentant la cathédrale, le sénat, la bourse et la maison hanséatique. Ces quatre belles vues, attribuées à Pieter van der Borcht, avaient été gravées par Hogenberg pour la Description des Pays-Bas de Guichardin (Moretus, 1581) ; elles ont été retouchées par Théodore Galle pour le présent ouvrage.
Éminent jésuite flamand, le père Charles Scribani (1561-1629) fut recteur du collège d'Anvers de 1598 à 1612, provincial de Flandres de 1613 à 1619 et enfin recteur à Bruxelles de 1619 à 1625. Outre cette fameuse histoire de la ville d'Anvers, il publia une défense de la Compagnie de Jésus contre les calvinistes, un manuel de politique et de gouvernement intitulé Politicus christianus et édita les œuvres posthumes de son maître Lessius.

Superbe exemplaire relié en maroquin rouge au chiffre de Peiresc, le célèbre astronome, mécène et collectionneur provençal, par Simon Corberan, son relieur attitré à Aix-en-Provence.

Né en Provence, Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637) étudia à Aix, à Avignon, au collège des jésuites de Tournon, où il se prit de passion pour l'astronomie. Il suivit ensuite des cours de droit à Montpellier et devint conseiller au Parlement de Provence, puis secrétaire de son président, Guillaume du Vair. Un premier voyage, à l'âge de dix-neuf ans, l'avait mené en Suisse et en Italie – à Padoue, notamment, où il fit la connaissance de Galilée. Par la suite, de longs voyages lui firent connaître de nombreux savants, humanistes et scientifiques, avec lesquels il entretint une correspondance toute sa vie durant.
« Sa bibliothèque qui comptait plus de 6000 volumes était accompagnée d'un cabinet de curiosités démontrant l'universalité de ses goûts. Contemporain de Gabriel Naudé, le choix de ses livres répondait à la doctrine de la primauté absolue accordée au texte. Mais Peiresc attachait à l'aspect matériel de ses livres un grand intérêt. Il faisait relier en solide maroquin par son relieur Simon Corberan installé dans son hôtel. Chaque détail de la reliure était précisément imposé et l'on peut constater que les titres frappés aux dos de ses reliures sont toujours exacts et datés. Il exigeait des grandes marges pour annoter ses livres, disait-il, mais c'était aussi une dignité supplémentaire accordée aux textes qu'il respectait. Savant lecteur, connaisseur universel, collectionneur passionné, on peut le considérer comme le bibliophile français le plus accompli. » (A. Jammes).
Établi par Simon Corberan, l'exemplaire porte, doré sur les plats, le monogramme grec du collectionneur, ainsi que son cachet ex-libris encré sur le titre. On notera avec G. Pollard que ces reliures sont parmi les premières où se trouve indiquée, dorée sur le dos, la date de l'édition.
De la collection Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (monogramme doré sur les plats et cachet humide au titre), l'exemplaire est passé dans la bibliothèque d'Achille de Harlay, comte de Beaumont (ex-dono imprimé au bénéfice du Collège jésuite de Paris) ; puis de ladite institution, connue jadis sous le nom de Collège de Clermont et aujourd'hui de Lycée Louis-le-Grand (ex-libris manuscrit au titre) aux bibliothèques de Gerard et Johan Meermann (vente III à La Haye, 8 juin 1824, lot 576), d'Edward Huydecoper van Nigtevecht (1827-1883), à Utrecht (ex-libris), du vicomte Amaury de Ghellinck d'Elseghem-Vaernewyck au château d'Elseghem (ex-libris) et enfin du chevalier Xavier de Ghellinck Vaernewyck à Bruxelles.

Excellente condition générale, en dépit d'un insignifiant accroc en tête et de très discrètes restaurations à la reliure.

Sommervogel, VII, 984 – Funck, 393-394 – J.-M. Arnoult, « Les Livres de Peiresc dans les bibliothèques parisiennes », in Revue française d'histoire du livre, n°24, 1975 – G. Pollard, « Changes in the style of bookbinding 1550-1830 », in The Library, 5e série, XI/2, juin 1956, p. 90 – Librairie Paul Jammes, Paris, cat. Choix bibliophiliques, [mai 2004], n°33.
Exposition : Musea Nostra, p. 43 – Une vie, une collection, n°15.

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