Correspondance Élie Faure

vente live: lundi 30 octobre 2017 à 14h30
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ANARCHISME. – Deux lettres à Élie Faure. 1905 et 1911. Neveu par sa mère des frè...

ANARCHISME. – Deux lettres à Élie Faure. 1905 et 1911.

Neveu par sa mère des frères Élisée et Élie et Reclus, anarchistes, il se mêla lui-même dans sa jeunesse aux mouvements anarchisants et leur resta toujours fidèle. Cette expérience le rendit méfiant à l'égard des organisations politiques, et, s'il se rapprocha ensuite du parti communiste, il n'adhéra jamais, préférant conserver sa liberté de pensée.

– Malato (Charles). Lettre autographe signée. Maison d'arrêt de la Santé à Paris, 24 septembre 1905. « Quoique vous priant de conseiller à mes amis députés, journalistes, de ne point publier mes lettres – puisque cela fait plaisir à Mr Leydet [le juge d'instruction chargé de l'affaire de l'attentat dans lequel Malato était impliqué] qui m'envoie en Assises de la façon la plus aimable. Il est pourtant une note qu'il serait utile de publier dans L'Aurore, L'Humanité, La Petite République et L'Action, note à laquelle la justice, j'ose le croire, ne verra rien à reprendre.

Elle pourrait être ainsi conçue : "Dans toutes les causes ayant un caractère révolutionnaire, des chevaliers d'industrie, exploitant les sentiments de solidarité, font circuler des listes soi-disant de souscription en faveur des familles des détenus et mettent l'argent dans leur poche. Pour empêcher ce fait de se reproduire, nous avertissons ceux qui croient bon de faire acte de solidarité de s'adresser à... ou à des journaux connus."

Et vous pourriez mettre l'adresse que vous jugerez à propos, la vôtre ou celle du comité. Naturellement, vous rédigeriez la note à votre idée mais dans ce sens-là.Car déjà des aigrefins ont commencé à extorquer des petites sommes soi-disant pour mon père et ma femme qui naturellement n'en ont pas vu un centime. Cela s'est produit autrefois lors des affaires de Montjuich [à la suite d'un attentat contre une procession à Barcelone en 1896, des anarchistes avaient été arrêtés, torturés et condamnés après un procès inique] et des autres : il importe d'y couper court. Rouanet a fait un article très bien, mais en citant inexactement la fin de ma lettre à Gérault-Richard [les journalistes et hommes politiques socialistes Gustave Rouanet et Alfred Gérault-Richard]... Je ne tiens pas, je vous l'ai dit, à ce que mes lettres soient reproduites – et surtout reproduites aussi inexactement. Naturellement, moi enfermé je ne pouvais pas empêcher les destinataires de les reproduire. Ils l'ont fait par amitié et aussi parce qu'en ce moment de vacances parlementaires, c'était de la copie intéressante... Je me refuse à demander ma mise en liberté, et en cela je me trouve d'accord avec le haut parquet, quoique pas pour les mêmes motifs. Il me convient par dignité de demeurer prisonnier jusqu'au jour du jugement qui, malgré toutes les manœuvres qu'on a faites et celles qu'on fera encore, verra ma libération définitive... »

Fils d'un révolutionnaire sicilien exilé et d'une Lorraine, le journaliste Charles Malato de Cornet (1857-1938), avait séjourné au bagne en Nouvelle-Calédonie avec ses parents communards, et avait embrassé les idées anarchistes. Déjà condamné en 1890, pour provocation au meurtre, il fut mêlé en juin 1905 à l'attentat de la rue de Rohan contre le roi d'Espagne : arrêté, il bénéficia lors de son procès du soutien de nombreuses personnalités et fut acquitté. Élie Faure avait fréquenté Malato dans les années 1890, et, avec le poète symboliste anarchiste Pierre Quillard, il était trésorier du groupe des Amis de Malato destiné à le soutenir durant son procès de 1905.

Joint, 2 lettres de Pierre Quillard à Élie Faure concernant ce procès (une autographe signée, une manuscrite, 1905). – Merle (Eugène). Lettre autographe signée. Clairvaux, 18 octobre 1910. « J'ai pris connaissance ce matin seulement, dans le train qui m'emportait vers Clairvaux, où je suis venu rendre visite à notre cher prisonnier, de votre magistral article des "Hommes du jour", "Sur une guerre" [article du 7 octobre 1911, sur la guerre italo-turque]. Laissez-moi vous dire que je le considère comme le plus bel article que Fabre ait publié depuis que les "Hommes du jour" existe [l'hebdomadaire Les Hommes du jour, fondé par Henri Fabre, journaliste et militant anarchiste et socialiste]. Évidemment, c'est un pavé dans la mare révolutionnaire, mais il n'y aura que les "révolutionnaires" qui vivent dans la lune, les révolutionnaires à la mie de pain, si j'ose dire, pour ne pas sentir à la lecture de votre article la thèse formidablement juste que vous exposez... »

Journaliste anarchiste et pacifiste, Eugène Merlo dit Eugène Merle (1884-1946) collabora à divers journaux libertaires (jusqu'en 1913) et socialistes, en France et en Suisse, et fut un des fondateurs avec Gustave Hervé de La Guerre sociale (1907). Il connaîtrait des démêlés avec la justice, puis, après la guerre, fonderait Paris-Soir et deviendrait un patron de presse.

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