Correspondance Élie Faure

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ELLIS (Havelock). Correspondance de 6 lettres autographes signées, en français, ...

ELLIS (Havelock). Correspondance de 6 lettres autographes signées, en français, adressées à Élie Faure. 1919-1927. 2 vestiges d'enveloppes.

Belle correspondance de l'écrivain et psychologue concernant la question de la violence chez l'homme, et ses Études de psychologie sexuelle. Havelock Ellis, dont la notoriété en Europe fut un temps supérieure à celle de Freud, fut le premier à élever la sexualité au rang de sujet scientifique. Élie Faure l'avait rencontré vers la fin de 1917 par l'intermédiaire du peintre Jean-Paul Lafitte dont la mère, Françoise, était devenue en 1917 la compagne d'Ellis.

– Londres, 15 mars 1919. « J'ai reçu "La Roue" [roman d'Élie Faure consacré à la guerre, paru en 1919]. Je l'ai lu [avec] empressement. C'est un livre empoignant, quoique je ne crois pas que cette conception du monde (un peu manichéenne ?) soit la dernière étape de votre pensée. Il y a question en Amérique d'une traduction anglaise de "La Sainte Face" [recueil de souvenirs et réflexions de la guerre, publié par Élie Faure en 1917] avec une introduction par moi. j'espère que le projet marchera... »

– Londres, 26 août 1920. « J'ai lu, lentement et à loisir, La Danse [La Danse sur le feu et l'eau qu'Élie Faure venait de faire paraître en 1920], y trouvant partout de belles choses qui me réjouissent, mais ne partageant pas tout à fait votre apologie de la violence dans le vie... Moi, j'admets, j'affirme même... le conflit dans la vie biologique et dans les arts, surtout visible dans l'art fondamental, l'architecture et dans la danse, autre art fondamental ; c'est, je le crois, aussi la loi de l'art de vivre. Mais je n'admets pas que la violence, ou la guerre, soit dûment et nécessairement de l'essence du conflit. Je voudrais préserver le conflit mais éliminer la violence de tout les arts, et surtout de l'art de la vie... »

– Londres, 8 juillet 1921. « Je vous remercie beaucoup pour le Napoléon, qui paraît si à propos, et je voudrais vous dire tout l'intérêt, l'admiration, – et même la sympathie – qu'il a suscité en moi. Je n'aimais pas beaucoup Napoléon (je ne dis pas qu'il était pour moi, comme pour notre H. G. Wells, simplement un scélérat) et dans vos belles pages je le vois pour la première fois surgir en véritable artiste de l'action. Quant à la violence, il n'y en a pas dans l'art de premier ordre. Mais il se peut qu'il y en ait toujours, comme vous le croyez, dans la masse des hommes – qui ne sont pas toujours de premier ordre ! Tout de même, je ne crois pas qu'un monde constitué comme l'art à présent le nôtre, dans l'intérêt de ceux qui veulent l'impérialisme et la guerre, soit un monde qui puisse subsister bien longtemps. Votre article dans le "Freeman" [hebdomadaire publié à New York de 1920 à 1924] ("As one Frenchman sees it"), que je viens de lire avec la plus grande sympathie, me confirme dans cette façon de voir. J'ai souvent dit, comme vous, que la "victoire morale" est à l'Allemagne, et je crois que les vrais bienfaits de la guerre (s'il y en a) vont aux vaincus. L'Allemagne a péri par la guerre de 1870 et se purifie et s'ennoblie par la défaite, comme la France de 1870. Pour le pacifisme, n'est-ce pas un produit plutôt français qu'anglais ? C'est au moins la France qui a initiée le monde moderne à l'antimilitarisme... »

– Londres, 9 novembre 1922. « J'ai reçu L'Arbre d'Eden [recueil d'articles et d'essais publié par Élie Faure en 1922] que vous [avez] eu la bonté de m'envoyer et j'en ai déjà lu plusieurs chapitres avec le plus grand intérêt. Je sens que je suis ici en communion plus que partielle avec vos idées. Dans mon nouveau livre, je cite deux passages de L'Arbre, surtout sur la danse... »

– S.l., 3 janvier 1924. « Je reçois votre lettre et je suis bien aise que vous goûtiez The Danse of Life [ouvrage publié par Havelock Ellis en 1923]. Je vois de plus en plus qu'on cite votre nom en Angleterre, et j'apprends, avec beaucoup de plaisir qu'en Amérique on va traduire le Napoléon et peut-être La Sainte Face. Si on me demande une petite préface pour ce dernier livre, je serai heureux de l'écrire. Mes meilleurs remerciements pour tout ce que vous avez fait pour la traduction de la nouvelle "Kanga Creek" et le "Little Essay". Peut-être ni l'un ni l'autre soit fait pour le public français. Je suis à la campagne et loin des livres, mais je doute que vous avez bien compris ce que j'ai écrit sur la mortalité comparée à la natalité en France. À présent je ne peux pas le vérifier. Je recevrai avec beaucoup d'intérêt L'Esprit des formes [dernier volume de L'Histoire de l'art, qui paraîtrait en 1927] quoique je n'ai pas encore épuisé la richesse de L'Arbre d'Eden... »

– Londres, 15 août 1927. « J'ai reçu le don aimable de votre "Esprit des formes" et, de temps en temps, je le lis avec beaucoup d'intérêt. Le grand élan de votre pensée, avec cette vision des "passages" est bien séduisant, tandis que l'admirable choix de belles illustrations soutient très bien l'argument. J'espère vous envoyer, sous peu, la continuation en français de mes Études sexuelles... »

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