De la Bibliothèque d'un Amateur

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starts: October 28, 2011 @ 12:00 AM
Salle Rossini - 7, rue Rossini - 75009 Paris
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85
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34,800 euros
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BAUDELAIRE (Charles).Richard Wagner et Tannhäuser à Paris.Paris, E. Dentu, 1861,...
BAUDELAIRE (Charles).
Richard Wagner et Tannhäuser à Paris.
Paris, E. Dentu, 1861, in-12 de 70 pp., demi maroquin brun, dos à nerfs avec titre et date dorés, tête dorée, couvertures conservées, signet (Georges Desnaux).
Édition originale.
Cet essai avait d'abord été publié dans La Revue européenne du 1er avril 1861.
Exaspéré par l'accueil que le public français avait réservé au Tannhäuser de Wagner - créé le 13 mars à l'Opéra - Baudelaire fit publier son texte en volume, chez Dentu, éditeur de La Revue européenne.
La section finale intitulée « Encore quelques mots » (pp. 57-70) a été ajoutée à l'article primitif à cette occasion.
Tenant à la fois du pamphlet et de l'essai critique, Richard Wagner et Tannhäuser à Paris - « oeuvre de circonstance très méditée » et dernier grand texte critique de Baudelaire - revient sur la cabale qui a fait retirer de l'affiche après seulement trois représentations l'opéra du maître allemand.

Dans une lettre au poète datée du 15 avril 1861, Wagner lui-même dit s'être « senti enivré en lisant ces belles pages qui [le] racontaient, comme le fait le meilleur poème ».
L'un des rares exemplaires à avoir été enrichi d'un envoi autographe de Baudelaire, celui-ci à François Buloz : Hommage à M. Buloz, C. B.
La relation qui unit Baudelaire à François Buloz (1804-1877), directeur de La Revue des Deux Mondes, quoique parfois familière, ne fut pas dépourvue de brouilles et de malentendus.
De tendance conservatrice, Buloz n'en accepta pas moins de publier en juin 1855 dix-huit poèmes destinés aux Fleurs du mal, qu'il fit néanmoins précéder d'une notice aux allures d'excuse.
Aussi peu enclin qu'il fût à l'étrange nouveauté de la poésie baudelairienne, il ne se désintéressa jamais du poète, même après sa condamnation de 1857.
L'année 1861, où parut le Wagner, est assez révélatrice de leur relation.
En juillet, Baudelaire confiait à sa mère : « M. Buloz m'invite fortement à entrer chez lui définitivement et à n'en plus sortir. Mais d'un côté le brave homme s'est fourré dans la tête que j'étais un mauvais critique ; il ne veut de moi que des oeuvres de pure imagination. »

Le poète se félicitait néanmoins, en décembre, d'avoir été « fort bien reçu » à La Revue des Deux Mondes - avant une nouvelle « brouille complète », qui ne fut pas définitive.
L'envoi, tracé à la mine de plomb, a été légèrement rayé, ceci n'engendrant aucune incompréhension dans sa lecture.
Petit manque de papier au premier plat de couverture.
Le recto du second porte des traces d'écriture.
Dimensions : 18,2 x 11,9 cm.
L. Carteret, I, 127 (« plaquette très rare ») ; Baudelaire, Correspondance (Pléiade), II, pp. 182, 189 et 205 ; Baudelaire, OEuvres complètes (Pléiade), II, pp. 1451-1460 ; Pichois (éd.), Lettres à C. Baudelaire, pp. 399-400 (Wagner) ; Pichois & Avice, Dictionnaire Baudelaire, pp. 89-90 ; Pichois & Ziegler, Baudelaire, pp. 398-401 ; J. Fléty, Dictionnaire des relieurs, p. 58 (Desnaux).
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