Éditions originales des XIXe et XXe siècles

mercredi 13 juin 2018 à 14h15
Hôtel Ambassador
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24
Estimation
3,000 - 4,000 euros
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[DURAS (Claire de Kersaint, duchesse de)]. Édouard. Paris, Jules Didot l'aîné, 1...

[DURAS (Claire de Kersaint, duchesse de)]. Édouard. Paris, Jules Didot l'aîné, 1825. 2 volumes in-12, maroquin violet à long grain, jeu de sept filets dorés ornés de petits fers dans les milieux et roulette à froid en encadrement, dos orné de motifs dorés et à froid, triple filet doré intérieur, tranches dorées (Purgold).

Véritable édition originale, très rare, du second roman babilan de l’auteur d’Ourika.

Imprimée par Jules Didot, elle ne fut tirée qu'à 100 exemplaires sur vélin, d'après Vicaire, réservés à l'auteur et ses amis, et ne fut pas mise dans le commerce. Une deuxième édition, autrement plus commune, parut en librairie la même année.

Claire de Kersaint (1777-1828), duchesse de Duras par son mariage, est la femme de deux livres qui eurent en leur temps un retentissement certain, Ourika (1823) et Édouard (1825), les seuls publiés de son vivant. Tous deux explorent l'impossibilité d'amours contrariées, par la différence d'ethnie dans Ourika, ou de condition sociale dans Édouard.

Stendhal avait placé Édouard dans la série des romans babilans, dans lesquels les amants se trouvent dans l'impossibilité de donner cours à leur amour par suite de leur condition ou des situations. « Abordant l’identité individuelle et la marginalité raciale, sociale ou sexuelle au sein de sociétés fortement différenciées, structurées et hiérarchisées, ces œuvres relèvent d’un romantisme de “cas spéciaux” (Escoffier), dont l’œuvre-phare sera l’Armance de Stendhal, publiée en 1827. Bien plus complexes que les simples “petits romans sentimentaux” qu’y virent ses contemporains, les œuvres de la duchesse de Duras font aujourd’hui l’objet d’études menées par l’école de philosophie et de sociologie post-moderne » (Collection Michel Wittock. Cinquième partie, 2013, n°93, pour un exemplaire relié par Duplanil). 

Superbe exemplaire dans une délicate reliure de l'époque signée de Purgold.

Jean-Georges Purgold (1784-1829) a travaillé chez Bozerian aîné et Lefebvre avant d'ouvrir son propre atelier parisien en 1810. Lesné, l'auteur du poème sur La Reliure, assure que « les véritables connaisseurs regardent à juste titre Purgold comme le prince des relieurs de son temps ; [...] jamais ouvrier n'a porté plus loin le fini, la bonne confection et la justesse ». « Dans le décor, écrit Paul Culot, il est le maître des filets, montrant la voie à son successeur Bauzonnet ».

Des bibliothèques du comte Henry de La Bédoyère (1862, n°1491, ex-libris) et Philippe Haumont (ex-libris).

Des rousseurs, quatre cahiers brunis dans le second tome.

Vicaire, III, 535 – Carteret, I, 251 – Escoffier, n°552 et 553 (éditions de Ladvocat) – Paul Culot, Relieurs... à l'époque romantique, Bruxelles, 1995, pp. 542-543.

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