Lettres, livres et manuscrits

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Live Auction : December 15, 2021 @ 02:00 PM
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Available lot photos
37
Estimation
300 - 400 euros
Speciality
Non précisé
Theme
autographes
DEBUSSY (Claude).
Lettre autographe signée à Pierre Louÿs. Bichain près de Villeneuve-la-Guyard dans l'Yonne, 19 juillet 1903 [d'après le cachet postal].
2 pp. 1/2 in-12, en-tête imprimé à son adresse parisienne biffée, enveloppe conservée ; une tache marginale. Bichain se situe dans la région de Montereau, pays de son épouse Marie-Rosalie Texier (« Lilly »). C'est là, durant cet été 1903, que Claude Debussy acheva la composition de ses Trois estampes (« Pagodes », « Soirée dans Grenade », « Jardins sous la pluie ») et qu'il esquissa son poème symphonique La Mer. « Tout de même... je ne suis pas aussi célèbre que Victor Hugo ou Liane de Pougy et pourtant j'ai reçu ta lettre. J'étais assez inquiet de ta canne, ayant chargé de cette commission un jeune phénomène musicastre de mes relations [Carol-Bérard]. Vois-tu qu'il t'ai[t] envoyé les œuvres complètes de Théodore Dubois à la place [alors directeur du Conservatoire, Théodore Dubois était un tenant de l'académisme]. Enfin, tout est bien et me voilà content, car j'estime qu'une canne est un délicieux symbole amical ; je n'insiste pas sur son utilité. Non, je n'ai pas oublié Sanguines [Pierre Louÿs venait de faire paraître ce recueil de contes en juin 1903] et me suis déjà promené avec dans des campagnes remplies d'été, de moustiques et d'un silence qu'on voudrait croire orphelin [allusion à une pièce de vers du recueil Sagesse, qu'il a mise en musique dans la seconde de ses Trois mélodies sur des poèmes de Paul Verlaine : « Le son du cor s'afflige vers les bois / D'une douleur on vent croire orpheline »]. Parfois je regrette encore les arbres moins touffus de l'avenue de Villiers [que Claude Debussy pouvait voir depuis son appartement du 58 rue Cardinet], le bruit métropolitain des tramways, mais j'espère pouvoir travailler de façon à tout oublie[r] hormis le hameau de Boulainvilliers [où habitait Pierre Louÿs]. Envoie-moi le livre dont tu me parles, envoie-moi tous les livres et surtout n'oublie pas ton vieux Claude si heureux de t'avoir retrouvé "tout entier". Nos bonnes amitiés à vous deux. Ton dévoué... » Claude Debussy, Correspondance, Paris, Gallimard (Nrf), 2005, n° 1903-64.
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