Lettres et manuscrits autographes

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Live Auction : January 20, 2021 @ 02:00 PM
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90
Result
10,000 euros
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Theme
autographes
André GIDE (1869-1951).
Manuscrit autographe signé, La Tentative Amoureuse, 1893 ; 48 pages petit in-4 écrites au recto, sur 25 bifeuillets montés sur onglets de feuillets de papier vergé in-fol., en un volume petit in-fol.

Manuscrit complet de cette nouvelle. Composé dans l’été 1893, ce « livre sur l’ennui et sur le rien » est aussi une « fable sur son échec amoureux avec Madeleine » (Frank Lestringant), mais aussi une réflexion sur l’écriture : « J’ai voulu indiquer, dans cette Tentative amoureuse, l’influence du livre sur celui qui l’écrit, et pendant cette écriture même » (Journal, septembre 1893). Augmentée d’un sous-titre, La Tentative amoureuse ou le Traité du vain désir, et dédiée à Francis Jammes, parut en novembre 1893 à la Librairie de l’Art indépendant d’Edmond Bailly, dans un tirage de 162 exemplaires. Le présent manuscrit, à l’encre noire sur des bifeuillets de papier vélin filigrané Joynson Superfine, présente de nombreuses ratures et corrections, la plus importante concernant le début de la deuxième partie qui a été biffé et supprimé : « Chère, vous savez bien que si j’ai fait des phrases, c’est pour les autres certes et pas pour moi ; mais je veux toujours qu’on m’entende plus complètement hélas que cela n’est possible et la chose qui n’est que dite ne me parait pas suffisemment exprimée. J’avais commencé ce récit avec une assez belle ampleur ; puis cette histoire s’est rétrécie en des proportions ridicules ; – Luc et Rachel m’ennuient ; et que m’importe ce qu’ils firent ! – mais j’avais résolu de montrer un rapport de saisons avec l’âme et je voudrais gagner l’Automne ». Ce manuscrit, paginé I à WWIV puis 25 à 46, a servi à la composition de l’édition originale et porte quelques indications typographiques. En tête, Gide a esquissé une maquette de couverture. Il a copié deux fois l’épigraphe (tirée de La vie est un songe de Calderon), mais la dédicace à Jammes sera ajoutée sur épreuves. La nouvelle est datée en fin « Été 1893. Yport et La Roque ». Suivent 4 pages de Notes (dédiées à Albert Mockel dans l’édition originale, elles disparaîtront des rééditions). Nous citerons le début : « Les livres n’auront pas été les récits très vrais de nous-mêmes, – mais plutôt nos tristes désirs, les souhaits d’autres vies à jamais défendues, et tous les gestes impossibles. Ici j’écris un rêve qui dérangeait trop ma pensée, et réclamait une existence. Un rêve de bonheur, ce printemps, m’a lassé ; j’ai souhaité de moi des éclosions plus parfaites. [Phrase barrée : Le bonheur m’apparut une chose sainte, très belle et souhaitable infiniment. ] J’ai souhaité d’être heureux, comme si je n’avais rien d’autre à être, – comme si le passé passe toujours sur nous ne triomphe, – comme si la vie n’était pas faite de l’habitude de sa tristesse, et demain la suite d’hier, – comme si ne voici pas aujourd’hui, que mon âme s’en retourne déjà vers ses études coutumières, sitôt délivrée de son rêve. Et chaque livre n’est plus qu’une tentation différée »…. On joint une photo de presse de Gide et Jean-Louis Barrault. Ancienne collection du professeur Jacques Millot (la reliure est à ses initiales ; vente 15 juin 1991, n° 81).
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