Lettres et manuscrits autographes

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Pierre-Hyacinthe AZAïS (1766-1845) philosophe. 50 L.A.S., 1828-1844 et s.d., à s...

Pierre-Hyacinthe AZAïS (1766-1845) philosophe. 50 L.A.S., 1828-1844 et s.d., à son ami Poirson jeune (qqs à des tiers) ; environ 100 pages formats divers, la plupart avec adresse.

Importante correspondance avec un jeune protégé qui devient rapidement un interlocuteur apprécié, voire un disciple, avant de contester le Principe universel. Il l’invite à venir causer (25 décembre 1833), le recommande vivement au baron de Prony, de l’Académie des sciences, puis au chef de l’Institution Demoyencourt, pour former des jeunes gens « au goût des sciences positives et de la saine littérature » (27 avril et 25 mai 1834)...

Il lui confie les conditions de l’édition de son Idée précise de la vérité première (10 septembre 1834), souhaite qu’il fasse une visite à Arago, en vacances de la Chambre, « ce qui aurait pu donner à l’illustre astronome le loisir de me lire et de réfléchir à l’honorable mission que je lui confie » (13 janvier [1835])... « Votre résistance à mes idées sur la force de cohésion m’a imposé la nécessité de réflexions nouvelles ; il n’est personne dont la pleine adhésion à mes pensées me soit aussi désirable que la vôtre ; je crois avoir résolu la difficulté qui vous arrête ; pour cela, j’ai modifié mon explication, en tenant compte principalement de vos observations » (27 février)...

Il l’exhorte à « quelques années de préparation, d’études, de persévérance » (12 juin), et rend compte de démarches pour le placer comme précepteur à Paris, ou comme camarade accompagnant le fils et la veuve du général de Mello en voyage (18 et 26 juin), ou encore, comme son propre suppléant à un poste de professeur de philosophie générale dans le pensionnat de M. Rivaille (1er juillet 1836 : intéressantes remarques sur la liberté de l’instruction, et sur l’enseignement « affranchi de la pédagogie universitaire »)...

Découragé, il conseille à Poirson, devenu instituteur au collège de Sedan, de préparer ses vieux jours pour qu’ils soient moins affligeants que les siens ; l’expérience récente lui a fait conclure qu’il devait « ajourner la voie méthodique et prendre la voie pittoresque ; c’est la seule sur laquelle je puisse amener les hommes de mon tems.

On lit un peu ma Physiologie du bien et du mal ; de proche en proche, elle se répand et intéresse »... Il médite désormais De la Phrénologie, son degré de réalité, ses conséquences philosophiques (27 mai 1837)...

Envoi d’une L.A.S. « admirable » de Casimir Broussais, sur De la Phrénologie : Azaïs estime qu’« à l’instant va enfin commencer ma destinée » (24 octobre 1838)... Azaïs veut ramener Poirson « au giron du système universel [...] une boussolle bien autrement sûre que l’expérimento-manie, maladie de nos savans actuels, étouffoir de la raison [...] ; la science humaine devient un cahos » (12 décembre)...

Guidé par le flambeau infaillible du Principe universel, il s’attache maintenant à connaître les lois de la chimie universelle : « La révélation que je crois complète, m’en est venue la nuit dernière » (24 décembre)... Réflexions sur les gaz : « tous sont des corps sonores, chacun ayant un son précis, forme un corps régulièrement électrique. Aussi les gaz sont susceptibles, dans leurs combinaisons réciproques, de lois mathématiques [...] il n’y a non plus aucune loi d’acoustique pour la combinaison des bruits indéterminés, qui émanent en concurrence de plusieurs corps hétérogènes entr’eux et chacun sans élasticité précise » (1er janvier 1839)...

Azaïs est désolé de voir son disciple tant affectionné trahir le système universel : sa pensée « est allée se noyer dans le cahos des forces occultes et des effets sans cause. C’est la science humaine la plus en désordre et en fatras, c’est la chimie de l’École qui l’a débauché ; il ne me tient plus que le langage des routiniers de l’Académie ; l’Expérience ! l’Expérience, me dit-il ! Elle seule mérite notre confiance et notre attention ! » (3 mai)... Il a été trop affecté de leur dissidence. « Je suis certain, absolument certain que vous vous trompez en chimie ; tout ce que vous m’avez appris aide le système universel à me le démontrer » ; un jour, « vous ne me combattrez plus » (6 mai)...

Proposition d’expériences « concluantes » sur les gaz : leur tendance naturelle à se fondre dans « la neutralité atmosphérique » prouve que « l’état de spécialité est un état passager, provisoire, que c’est à faire partie de la neutralité universelle qu’il aspire, comme étant sa destinée définitive »... Croyant éclaircir « toutes les difficultés », il l’invite à revenir, ou du moins à lui adresser par écrit ses objections : il apprécie sa « lumineuse résistance [...] elle me force à creuser jusqu’aux entrailles du système pour y fonder mes appuis » (22 mai)...

Il a écrit sept pages qu’il lui remettra : « votre résistance est pour moi un trésor de secours » [28 mai]... Cinq ans plus tard, deux mémoires sous forme épistolaire creusent divers aspects de « l’équilibre universel », convoquant la musique, l’optique et l’électricité. Il se réjouit que son ami entre dans une carrière qui lui fournira des moyens de vérifier ces pensées, au profit de la science et d’eux-mêmes, enfin libéré d’une « fonction stupéfiante, qui écrasait votre intelligence » (11 et 17 juin 1844)...

Invitations, demandes de livres ou de services, etc.

On joint 2 L.A.S. à des tiers, et une l.a.s. de la veuve Guadet Azaïs.

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