Lettres & Manuscrit Autographes

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début: mercredi 16 décembre 2015 à 14h00
Salle Rossini - 7, rue Rossini 75009 Paris
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Louis-Ferdinand CÉLINE (1894-1961). Manuscrit autographe pour L’École des cadavr...

Louis-Ferdinand CÉLINE (1894-1961). Manuscrit autographe pour L’École des cadavres, [1938] ; 4 pages sur 5 feuillets in-4 paginés de 1 à 5 (petits trous d’épingle).

Manuscrit d’un développement pour L’École des cadavres, pamphlet antisémite publié chez Denoël en 1938 et non réédité depuis la Guerre. Ce fragment correspond aux pages 263 à 265 de l’édition Denoël, en trois additions, qui présentent, outre des ratures et corrections, et des additions interlinéaires, des variantes avec le texte publié.

Céline s’attaquait aux « éminentes cervelles latines » qui s’opposaient aux découvertes de Pasteur ; ici s’insère le premier développement (p. 263, lignes 2 à 14) : « Elles avaient eu le mot ! elles avaient eu la chose ! Ébullition ? n’est-ce pas ? Très bien ? Antisepsie ? Alors ? Deux ! Dix ! Vingt minutes ! Qu’est-ce que ça pouvait bien foutre toutes ces histoires de minutes ? des échappatoires tout ça ! des alibis, des faux-fuyants ! que des chichiteries ces minutes ! Quelle différence ça pouvait faire ? Y avait eu bien tout le mot : ébullition ? On avait bien fait bouillir ? Alors c’était l’essentiel ! Pasteur était condamné devant l’Académie de Médecine, française, latine, verbale puisqu’il avait prononcé le mot. Il était foutu. Ils avaient tous répété les quarante académiciens le mot. Alors c’était suffisant. Si ça marchait pas c’était tant pis pour sa gueule ! »

Puis vient au feuillet 3 un autre développement (de la ligne 23 à la fin de la p. 263 et les premiers mots de la p. 264) : « Si les événements comme à Munich viennent bousculer leurs petites solutions verbales, vous les voyez longtemps, longtemps encore, demeurer tout déconfits, malheureux, ne reconnaissant plus le monde, leur Monde, qui est un monde essentiellement de mots.

À force de tout arranger, de tout trancher avec des mots, ils finissent par croire forcément que tout est arrivé. Et en avant ! Nous possédons maintenant en France le plus soufflé brelan de vaniteux crétins pontifiants imaginables, les plus grands rhétoriciens raisonneurs de travers de la Planète, les plus fieffés culottés épouvantables grands moralistes à faux de l’univers.

Revenons à nos juifs. Il se passera en Italie »... Le dernier feuillet (5) présente les trois derniers paragraphes de la page 265 : « Conclusion : Par les morales les plus rigides, les mesures les plus terrifiantes on n’arrive pas à grand chose avec les hommes, mais par les demi faux semblants, les demi-teintes, les faux-fuyants, qu’est-ce qu’on espère ? Autant bien mieux avouer tout de suite qu’on a rien envie de faire du tout, qu’on s’en fout. Ça serait plus simple, plus honnête. Et puis Amen nom de Dieu ! Et vive l’enfer du Talmud ! »

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