Lettres & Manuscrits Autographes

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Jules Boissière. Manuscrit en partie autographe, Les Fumeurs d’Opium, nouvelles,...

Jules Boissière. Manuscrit en partie autographe, Les Fumeurs d’Opium, nouvelles, [1881-1895] ; 3 cahiers in-fol. de 89, 96 pages et 76 pages, cartonnages papier marbré et dos de toile noire (quelques défauts).

Important manuscrit de travail de Fumeurs d’opium.

Comme bien des fonctionnaires coloniaux et les Annamites, Jules Boissière, lors de ses séjours en Indochine, s’adonne à l’opium. Loin de le considérer comme une échappatoire, il perçoit ce véritable mode de vie local comme un fondement de la compréhension des cultures d’Extrême-Orient. Fumeurs d’Opium, recueil de sept nouvelles parues dans un premier temps dans le Courrier de Haïphong avant d’être publiées par Flammarion dès le retour de l’auteur en France (1896), retranscrit les sensations, impressions, état physiologique et moral du fumeur. C’est également l’occasion pour l’auteur d’évoquer la société et les mœurs indochinoises, qu’il a beaucoup étudiées.

Ces 3 cahiers de travail rassemblent quelques-unes des nouvelles (ou extraits) composant son célèbre recueil, telles qu’elles sont parues dans la presse locale (coupures de presse collées sur les pages du cahier), ou sous la forme de brouillons manuscrits. L’auteur les a annotées, au crayon papier, rouge et bleu ou à l’encre, raturées, ajoutant corrections typographiques, grammaticales, stylistiques, soulignant des incohérences (« ça jure ; il n’a pas la même tête dans les deux parties de la phrase »...), des suggestions de coupes (« bavardage à résumer », « pédant », « rabâchage », « mauvais »...) ou de modifications ultérieures du récit (« changer cette fin »...). Quelques passages sont réécrits. Boissière a daté et signé certaines de ses interventions. Figurent également grand nombre d’articles, parus à Paris et au Tonkin, entre 1881 et 1895, également corrigés et commentés.

Les Fumeurs d’Opium, nouvelles, Tome Ier (étiquette de titre sur la couverture). Cahier rassemblant les coupures de trois nouvelles du recueil, parues entre le 18 septembre et 9 octobre 1892 dans le Courrier de Haïphong, sous le pseudonyme de Jean Robert : Dans la forêt, La prise de Lang-Xi et Une âme (journal d’un fusillé). Page 3 (au-dessus de la première coupure), Boissière a noté : « Titres possibles – Les Fumeurs d’Opium ou Les Démons de l’Opium » ; il a également noté des recherches d’épigraphes (Edgar Poe, Catulle Mendès), ainsi que cette indication : « Faire d’autres nouvelles, aussi intéressantes que les 3 premières, sur l’Indochine, mais pas sur l’opium – Hanoï, 5 avril 95 »... Page 51, long commentaire dépréciatif à côté de la première coupure de Une âme : « Cette monographie longarudo est beaucoup pire qu’imparfaite ; d’abord, la forme du journal est fatigante ; puis, tout est trop dit, trop analysé, dans une œuvre qui devrait être suggestive. J’ai oublié l’aphorisme de Joubert Bien choisis, les mots sont des abrégés des phrases. Quel art pitoyable, quel défaut d’art ! Mon troupier qui s’analyse, qui va son train à la papa, sans nous faire grâce d’une inflexion de sentiments ! C’est enfantin. Tout à réécrire ! Sauf les dernières pages et la 1ère. Même lettré et analyste, ce qui en fait du reste un moins intéressant personnage, il doit avoir sa part d’inconscient ; bien des choses doivent être suggérées par de petites phrases. [...] Puis, la langue est vague, imprécise et prétentieuse à la fois. Et je voulais donner à ce travail la portée d’une étude sur l’inconscient ! Jamais on ne manque plus complètement son affaire. Et la psychologie des annamites, à montrer par les faits ? Les phrases d’analyse sont lassantes et irritantes. [...] Enlever les inutiles analyses, les faits non significatifs ; ceux-ci, les indiquer à peine, reliant rêveries, idées, sensations. Effacer tout ce qui est jargon contemporain »... À la fin du cahier, une vingtaine de feuillets de canevas et plans pour le livre, notes de lecture, copies d’articles de L’Avenir du Tonkin sur Doï Van, la piraterie, l’affaire Clausade, les croyances populaires (1889), etc.

Les Fumeurs d’Opium, nouvelles, Tome IIe (étiquette de titre signée du pseudonyme Jean Robert). Le cahier s’ouvre sur la suite des coupures de la nouvelle Une âme. Suivent divers articles découpés, également annotés et rectifiés, parus anonymement ou sous ses pseudonymes Jean Robert et J. Rodde : Morphinomanes et Fumeurs d’opium (article à propos du livre de Maurice Talmeyr, Les Possédés de la Morphine, paru dans L’Événement du 10 mai 1892), quelques poésies telles Ballade optimiste (Courrier de Haïphong du 23 octobre 1892), Nuit Claire (Courrier de Haïphong du 10 juillet 1890), En ce temps là, Feux follets, Tombeau de Con-Gai, Un Sage, Océan Indien, article Croquis indo-chinois dans lequel il retranscrit ses notes prises durant sept ans sur les mœurs et paysages indochinois (Courrier de Haïphong du 22 novembre 1892), divers articles parus à Paris, avant son départ pour l’Indochine (1881), Lettres de l’Annam et du Tonkin (Le XIXe siècle, 1er juillet 1887)... Deux pages sont remplies de notes et réflexions autographes : « Niaiserie de s’égarer sur tant de livres ; ne plus lire, et surtout méditer, que mes maîtres. Tout ce que j’ai fait n’est pas médité ; ce sont des gens doués d’âmes artificielles. Il faut, dans ce cadre nouveu, des âmes profondes, tristes, ricaneuses, jouisseuses, de Parisiens. […] Chercher, encore, pour d’autres nouvelles, l’effet de l’opium sur d’autres âmes »… ; projet de préface, etc. À la suite d’autres coupures, Boissière a collé sur 16 grandes pages un manuscrit autographe, très corrigé avec des ajouts sur la page en regard, suivies de 19 pages par sa femme Thérèse Boissière, très corrigées ensuite par Boissière, qui semblent être une première version de la nouvelle Comédiens ambulants. À la fin du cahier, 9 feuillets de brouillons autographes (plus 3 par sa femme), et quelques coupures de presse. Les Fumeurs d’Opium, nouvelles, Tome IIIe. Cahier entièrement manuscrit (brouillons collés sur les pages du cahier), avec la suite de la nouvelle Comédiens ambulants, de la main de Boissière (qqs ff. de la main de Thérèse), surchargée de corrections dans le texte et les marges, et datée en fin Hanoi 3 mars 1893. Suivent 2 articles imprimés avec corrections autographes : En voyage, publié à son retour du Tonkin (La Justice, 1891), et un article sur Théodore de Banville (La Presse, 1884) ; puis un manuscrit autographe avec l’indication « à arranger pour l’Armana » ; le manuscrit autogarphe d’une Lettre d’Indochine (Dong-hoï 1er octobre 1887)... Au revers du cahier retourné, le manuscrit autographe de la nouvelle Et l’amour fut vaincu (Hanoï, 4 mai 1893)... À la fin du cahier, une vingtaine de feuillets autographes avec le manuscrit de la nouvelle Dans la forêt (souvenirs d’un fumeur d’opium) (signé et daté Paris 14/2 1892), et celui (ici sans titre) du Blockhaus incendié (daté Paris 8 février 1892) ; plus un cahier de notes autographes sur Génies, démons et divinités et des Notes pour servir à la psychologie etc. annamite (30 pages in-fol.).

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