Lettres & Manuscrits Autographes

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Vasile alecsandri (1821-1890) écrivain, diplomate et homme politique roumain. 56...

Vasile alecsandri (1821-1890) écrivain, diplomate et homme politique roumain. 56 L.A.S., Paris, Mircesti, Bucarest et Mehadia 1882-1890, à Joseph Roumanille ; 177 pages in-8, qqs lettres à son chiffre ou ses armes (on joint 4 cartes de visite).

Très belle et importante correspondance littéraire du lauréat du Félibrige de Montpellier (1878), ami des Félibres, et créateur du théâtre et de la littérature en Roumanie. Nous ne pouvons en donner ici qu’un aperçu.

1882. Paris 27 mai. Souvenir au « moult aimable Patriarche » des Félibres : « Cet homme a eu le bonheur glorieux de jetter les bases d’un vaste édifice intellectuel auquel Mistral sert de couronnement »... Mircesti 27 juin. Il se réjouit du triomphe de Mistral à Albi : c’est « un apôtre irrésistible et la religion félibrine qu’il prêche avec son éloquence originale a un attrait si séduisant. On devient rimailleur mais on naît félibre »... 3 juillet. Éloge de Lis Entarro-Chin, « protestation de bon sens contre les aberrations modernes », et questions concernant le « beau poète de Maillane » et son Dictionnaire de la langue provençale : « Comment peut-il mener de front une œuvre aussi spécialement académique avec les exigences de la fantaisie poétique ? C’est une puissante nature »... 1er août. Critique d’un sonnet de son propre cru, que Bonaparte-Wyse a communiqué à Roumanille... 14/26 septembre. Sur son intervention auprès du Roi Carol en faveur de Roumanille, Mistral et « l’ermite des Angles » [Pontmartin] ; instructions relatives à la décoration roumaine... 24 septembre. Il a passé une dizaine de jours à Sinaïa, dans l’intimité de Leurs Majestés : le Roi « s’est grandement intéressé au mouvement latin imprimé dans l’esprit par les hommes d’élite de la Provence et du Languedoc ; il en augure des résultats heureux pour l’avenir du monde entier »... éloge de la Reine [Carmen Sylva], curieuse de leur œuvre... 11/23 octobre. Remerciements pour l’Armana Prouvençau ; Azaïs lui a écrit une lettre charmante... Bucarest 23 novembre. Le Roi est enchanté des lettres de la Provence : « La vôtre a produit une impression excellente par son ton de franchise partant du cœur et par son style de bon aloi. [...] L’histoire des grosses cuisinières a fait beaucoup rire leurs Majestés... il est vrai que cet épisode est un des traits les plus charmants de la vie littéraire du poète Roumanille »... Mircesti 10 décembre, sur la « nouvelle conquête » : « Marseille a capitulé devant les Félibres de Montpellier et d’Avignon »... 24 décembre. Enthousiasme pour les triomphes des félibres de la Provence, et pour la « vitalité du génie provençal » chez Mistral ; lui-même va lire une ode à la gloire du Prince Étienne à l’inauguration d’une statue du vainqueur de Bajazet II...

1883. 2 janvier, sur sa Fontaine de Blandusie, comédie antique en 3 actes et en vers... 3 février : « Que vais-je donc entreprendre maintenant ? Ah ! diable j’ai oublié totalement que j’étais sénateur et qu’on s’occupe là-bas à Bucarest de la révision de la constitution »... 20 février. Il regrette que la France se soit associée à la Conférence de Londres [au sujet du Danube] ; il voudrait oublier « les colossales bêtises et les fredaines scandaleuses de cette folle deux fois publique : – publique et république »... 11 mars, compliment sur un quatrain pour la petite-fille du poète Jasmin... 6 mai, compliments sur une supplique provençale à la Reine : « On ferait le voyage de la Terre Sainte rien que pour y porter votre bouquet de noëls »... 27 novembre. Vive appréciation des Conte prouvençau de Roumanille : « Par quelle grâce d’état possédez-vous cet inépuisable trésor de gaieté communicative qui désopile la rate, et verse dans les veines des litres de bon sang ? »...

1884. 17 janvier. « Mistral m’a annoncé l’envoi de deux exemplaires de Mireille illustrée, l’un pour la Reine et l’autre pour Mde Alecsandri. – Vous comprenez avec quelle impatience j’attends l’arrivée de ce chef-d’œuvre poétique et typographique »... 28 janvier. Sur la réconciliation avec Bonaparte-Wyse : « quelle tarentulle avait donc mordu le cher Parpailloun pour lui donner tout à coup des aspirations vers les sommets accidentés du Mont Félibre, ce Parnasse à l’édification duquel vous avez travaillé pendant plusieurs lustres ? [...] Mettons cet orage nerveux sur le compte de l’influence agaçante du Mistral et de la goutte »... 30 janvier, au sujet d’un certain M. de Rosny, ethno-géographe de fantaisie, qu’il faut empêcher de porter à la Reine son diplôme des Jeux-floraux... 23 février. La décadence momentanée de l’esprit français s’explique par l’intrusion des Juifs dans le journalisme, la littérature et la musique (Offenbach, Crémieux...). « Le jour du réveil de la conscience nationale se lèvera quand on se sentira suffisamment écœuré par la malpropreté du réalisme et d’autres ismes [...] et le monde sera surpris du vol élevé que prendra le génie de la France. [...] le Félibrige est destiné à un rôle important dans l’acte de la résurrection prochaine »... 15 juin. Critique des œuvres de l’abbé Faure, « ce Rabelais au petit pied », et de la traduction du 1er chant de l’Iliade en vers provençaux par l’abbé Pascal de Gap... 24 juin. « Mistral, chargé de lauriers, doit avoir retrouvé avec bonheur sa retraite de Maillane », après ses triomphes dans la grande Babylone... 29 novembre. Bucarest l’a élu sénateur, et le Sénat l’a nommé son vice-président : « Tout ceci pour me déranger de mes travaux littéraires. [...] Depuis un mois je pioche ferme, et j’ai accouché de deux actes en vers »... 2/14 décembre. « J’ai écrit hier le dernier vers de ma pièce d’Ovide en quatre actes »...

1885. 20 janvier. Il promet de collaborer au prochain Armana. Bucarest 2/14 février. Le Roi l’a nommé ministre plénipotentiaire à Paris... Paris 31 mai. Dépouillé de ses cordons, rentré dans sa « peau de simple poète », il accourt pour serrer les mains de ses confrères en Félibrige... 18 juin. Éreintage des obsèques nationales de Victor Hugo, qu’il compare à la fête de Saint-Cloud, moins le prêtre, et qu’il prend comme une nouvelle illustration du goût de l’antithèse, puisque le défunt, millionnaire, a voulu le corbillard du pauvre. Ce fut un sacre, une apothéose, une « mise en scène qui a surpassé celle de l’Éden-théâtre »... 29 juin. Ennuis diplomatiques à cause du régime protectionniste de la Roumanie ; il ne reconnaît plus la France chevaleresque. « Tant de fiel entre-t-il dans l’âme des ... républicains ? »... Mircesti 4 octobre. Félicitations sur l’Armana, « trésor de gaieté, d’esprit et d’originalité », et plaintes amères sur sa vie de diplomate à Paris : ces trois mois lui ont « desséché le cerveau »...

1886. Paris 6 mai. Il est bombardé d’invitations à des Félibrées, et le comte de Toulouse-Lautrec l’a invité à une fête littéraire de la maintenance d’Aquitaine à Foix... 20 novembre. Mort de Théodore Aubanel : « le grand coloriste est rentré dans la nuit, mais ses œuvres rayonneront toujours d’une lumière envahissante »...

1887. 5 août. « J’ai vu Mistral à Paris et je l’aime encore davantage. Ce diable de Capoulié est un des hommes les plus sympathiques du monde »...

1888. Mircesti 7 septembre. Félicitations : « Le titre de Capoulié vous revenait de droit pour avoir été l’un des plus vaillants à l’œuvre de la résurrection de la gaie science provençale et pour avoir pendant plus de trente ans entretenu le feu sacré et la franche gaieté des ancêtres »... Etc.

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