LIVRES ANCIENS DU XVe AU XIXe SIÈCLE

vendredi 24 février 2017 à 14h00
SALLE ROSSINI 7 RUE ROSSINI 75009 PARIS
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[HEURES À L’USAGE DE ROME]. [Paris, vers 1506]. Manuscrit sur parchemin de 126 f...

[HEURES À L’USAGE DE ROME]. [Paris, vers 1506]. Manuscrit sur parchemin de 126 ff. (155 x 98 mm) à 26 longues lignes (justif. du calendrier : 95 x 56 mm, du texte : 98 x 54 mm). In-4, basane fauve, plats anciens en veau brun estampé d'une large bordure historiée, d'un cadre de triples filets à froid contenant quatre frises de rinceaux verticales remontés sur la reliure, dos orné de fleurons et filets à froid, tranches dorées, emboîtage en chagrin havane orné de filets à froid (Reliure moderne à l'imitation).

Précieux manuscrit parisien du début du xvie siècle orné de quatorze grandes miniatures et trente petites et d'initiales peintes, avec la lettre en blanc ou bleu sur fond doré ou à l'or sur fond bleu.

Contenu : Tabula pascalis du 20 avril 1506 au 19 avril 1530 (f. 1v) ; calendrier en latin (ff. 2-9) ; péricopes des évangiles (ff. 9v-13) ; Passion (ff. 13v-20) ; Heures de la Vierge à l’usage de Rome avec les Heures de la Croix et du Saint-Esprit intercalés (ff. 20v-64) ; Psaumes de la pénitence suivis des litanies avec saint Loup (ff. 65-76v) ; Office des morts à l’usage de Rome (ff. 77-95) ; Suffrage de la Trinité, Obsecro te suivi du O intemerata, Stabat Mater, Des 15 joies de la Vierge Ave cuius conceptio solemni plena, les 7 oraisons de S. Grégoire, O domine Iesu Christe adaro te in cruce pendentem, Suffrages des saints, De sorobibus beate Marie (ff. 95v-116) ; Missus est Gabriel angelus, Te deprecor ergo mitissimam, Oraison pour garir des fievres, et d’une autre main : Quiconques dira ces 3 oraysons gagnera XV mille ans de pardon O gloriosa regina, s’ensuit 5 belles oraysons que monseigneur saint Jean l’évangéliste fist en l’honneur de la Vierge Mediatrix omni et fons vivis (ff. 118-125). Les ff. 64v et 125v-126 sont blancs. 

Quatorze grandes miniatures peintes dans des cadres Renaissance animés de putti : Le Christ au mont des oliviers avec les apôtres endormis (f. 13v) – Annonciation (f. 20v) – Visitation (f. 30v) – Crucifixion à grand spectacle (f. 37v) – Pentecôte, où la Vierge siège au centre du cénacle (f. 38v) – Nativité (f. 39v) – Annonce aux bergers (f. 43) – Adoration des mages (f. 46), où l’un des mages est noir – Présentation au Temple, où une servante tient un panier de tourterelles, avec une foule de clercs assistant à la scène (f. 49) – Massacre des innocents, avec à l’arrière plan la fuite en Égypte (f. 52) – Couronnement de la Vierge par le Christ et Dieu le père, avec une nuée de séraphin au centre et un plafond à caisson (f. 55v) – David et Bethsabée au bain avec une servante, où David est à la fenêtre d’un hôtel et d’autres personnages apparaissent aux autres fenêtres (f. 65) – Résurrection de Lazare, avec une jolie vue sur une ville à travers la fenêtre (f. 77) – Trinité (f. 95v).

Trente petites miniatures accompagnées de belles bordures sur fond de couleur avec des fleurs, troncs écotés, sur fond d’or, compartimentées sur fond de parchemin, avec des treillis : saint Jean sur l’île de Patmos (f. 9v) – saint Luc peint le portrait de la Vierge (f. 10v) – saint Mathieu et l’ange (f. 11) – saint Marc et le lion (f. 12) – le Christ devant Pilate (f. 15v) – le Christ devant Caïphe (f. 17) – Portement de Croix (f. 18) – Crucifixion (f. 19) – Vierge au voile bleu en prière, inspirée d’un tableau de Jean Bourdichon (f. 96)  – Piétà (f. 100) – saint Michel (f. 104v) – saint Jean Baptiste (f. 105) – saint Jean l’évangéliste (f. 105v) – saint Jacques (f. 106) – saints Laurent et Christophe (f. 106v ) – saint Georges (f. 107v) – saint Sébastien (f. 108v) – saint Nicolas (f. 109 ) – saint Claude (f. 109v) – saint Antoine (f. 110) – saint Antoine de Padoue (f. 110v) – saint Denis (f. 111) – saint Roch (f. 111v) – saints Cosme et Damien (f. 112) – sainte Anne apprend à lire à la Vierge (f. 112v) – sainte Marie-Madeleine (f. 113) – sainte Catherine (f. 113v) – saintes Geneviève et Marguerite (f. 114) – sainte Barbara (f. 114v) – sainte Appoline (f. 115v).

Six miniatures sont l'œuvre d'un enlumineur influencé par Jean Pichore (ff. 9v, 10v, 11, 20v, 37v, 112).

Jean Pichore, enlumineur célèbre en son temps, est connu par deux manuscrits documentés : une Cité de Dieu enluminées pour le cardinal Georges d'Amboise, et des Chants royaux du Puy Notre-Dame d'Amiens réalisés à la demande de Louise de Savoie, vers 1517-1518. Il est également conu comme imprimeur avec Rémy de Lasitre et comme dessinateur de modèles aux gravures sur cuivre parisiens par deux éditions imprimées de 1503 et 1504. Il s'inspire des graveurs germaniques comme Dürer et Schongaeur et des graveurs italiens pur ses bordures. Parmi les enlumineurs, il cite régulièrement Jean Poyer. 

Onze miniatures reviennent au Maître du Romuléon de Cluny (ff. 15v, 18, 19, 96, 104v, 105, 109, 110, 110v, 111, 112v).

Cet enlumineur a été nommé ainsi par François Avril d'après les fragments dispersés d'un Romuléon dans la traduction de Jean Miélot, peut-être commandé par René II de Lorraine. Le musée de Cluny conserve, de son œuvre, la seule peinture en pleine page connue à ce jour et une plus petite ; six miniatures on été retrouvées au musée municipal de l'Evêché, musée de l'Email de Limoges.

L'artiste a enluminé de nombreux vélins pour le roi Charles VIII, la plupart imprimés pour Antoine Vérard, ce qui nous permet de savoir que l'enlumineur exerce jusque vers 1495, date à laquelle on repère sa main sur un Miroir historial de Vincent de Beauvais.

Ses paysages sont doucement dégradés de bleus. Le peintre rythme les plans par de petites rangées d'arbres en forme de boules. Les plis sont fortement appuyés, les chevelures raides donnent une impression de masse. Des personnages ont un regard étrange, dû à une abondance de blanc dans l'oeil, d'autres ont les paupières gonflées et rouges. On remarque dans sa palette du bordeaux, du rouge, du rose, du vert olive et du marron. Son style le plus pur, non retouché par Pichore, se trouve ici dans les Suffrages. 

La très belle Vierge au voile bleu dérive d'un modèle de Jean Bourdichon récemment acquis par le musée de Cluny et dont on connaît huit prototypes parisiens. L'enlumineur reprend avec exactitude la draperie du voile de la Vierge. 

Enfin, vingt-trois miniatures peuvent être attribuées au Maître de Jean d’Albret (ff. 12, 13v, 17, 30v, 38v, 39v, 43, 46, 49, 52, 55v, 65, 77, 100, 105v, 106, 106v, 107v, 108v, 113, 114, 114v, 115v).

Le Maître de Jean d’Albret est ainsi nommé d'après deux incunables enluminés de sa main pour Jean III de Navarre, comte de Périgord et vicomte de Limoges, sire d'Albret (1469-1516). L’artiste occupe une place notoire dans l'enluminure parisienne des années 1490-1510 et a travaillé dans de nombreuses éditions du libraire Antoine Vérard, mais aussi pour Thielmann Kerver ou Gillet Hardouyn.

Le miniaturiste se distingue par la représentation de visages de forme triangulaire dans leur partie inférieure. Les contours des yeux sont marqués au khôl. La barbe de Dieu le père dans la Trinité est traitée par petits traits. Les peintures sont souvent cernées d'un filet noir ou bordeaux, les chevelure peintes de marron ou de noir, rehaussées de vaguelettes d'or semblent onduler.

Les plats de la reliure d’origine en veau estampé ont été remontés sur une reliure moderne à l’imitation.

Marques de provenance armoriées grattées au pied de quelques feuillets.

De la bibliothèque Robert Damilaville, avec ex-libris et numéro 156.

 

I. Jean Pichore : C. Zöhl, Jean Pichore Buchmaler, Graphiker und Verleger im Paris um 1500, Turnout, 2004, passim. – Cité de Dieu de Georges d'Amboise : Paris, BnF. ms. lat. 2070. – Chants royaux du Puy Notre-Dame d'Amiens : Paris, BnF. fr. 145. Cf. France 1500. Entre Moyen Age et Renaissance, Paris, Galeries nationales, Grand Palais 6 oct. 2010-10 janv. 2011, cat. 45 et 140.

 

II. Maître du Romuléon de Cluny : Miniatures conservées à Cluny, Cl. Inc. 1804 et 1819. Cf. A. Boinet, Choix de miniatures détachées conservées au musées de Cluny à Paris, Paris, 1922 (Bulletin de la société française de reproduction des manuscrits à peintures, t. VI), p. 6. – Miniatures conservées à Limoges : Beaujard, Miniatures et dessins. Catalogue sommaire illustré, cat. expo. Limoges, Musée municipal de l'évêché, 1997, p. 43 et repr. 3-8. – Paul Orose : Paris, BnF. Rés. Vélins 682. Cf. M-B. Winn, Anthoine Vérard Parisian Publisher 1485-1512. Prologues, poems and presentations, Genève, 1997, fig. 4. 1, p. 106 . – Grandes Chroniques de France : Winn, op. cit., fig. 5. 4d, p. 268. – Lancelot : Paris, BnF. Rés. Vélins 614-618 et Vienne ÖnB. Inc. 5 C 11, vol. III, ff. 7, 80. Cf. O. Pächt, D. Thoss, Die illuminierten Handschriften und Inkunabeln der Österreichischen Nationalbibliothek, Französische Schule, II : Vienne, 1977, vol. 2, Abb. 363-364. – Henricus de Suso : New York, PML 505, CHLf 1529 : Winn, op. cit., fig. 5. 6 f. p. 294. – Boccace : Vienne, ÖnB. Inc. 5. C. Cf. O. Pächt, op. cit., en n. 9, 1977, vol. 2, Abb. 365-368. – Tristan de Châteauroux : Bm. Inc. 6, vol. 1, vers 1494. – Vincent de Beauvais : Paris BnF. Rés. 642-650. Cf. 1789 Le patrimoine libéré. 200 trésors entrés à la Bibliothèque nationale de 1789 à 1799, cat. expo. Juin-sept. 1989, cat. 36. – Heures de François d'Angoulême : Paris, BnF. Rés. Vélins 918 ca. 1492 : Winn, 1997, fig. 4. 24, p. 192. – Jacques de Cessoles : Splendeur de l'enluminure. Le roi René et les livres, cat. expo. Angers oct. 2009- janv. 2010, cat. 53. – J. Plummer, The Last Flowering, cat. expo New York, 1982, cat. 94. – Flavius Joseph : Fr. Avril, N. Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France 1440-1520, cat. exp. Paris, BnF. 1993-1994, cat. 17, 213, Vienne ÖnB. Cod. 2538, Ö. Pächt, D. Thoss, Die illuminierten Handschriften und Inkunabeln der österreichischen Nationalbibliothek, Französische Schule, I, Vienne, 1974, 2 vol. pp. 93-95, Abb. 165. – Vierge de Jean Bourdichon : Cl. 23798. Cf. Thermes et hôtel de Cluny musée national du Moyen Age. Œuvres nouvelles, 1995-2005, sous la direction d'E. Tabouret-Delaye, cat. exp. 10 mai-25 sept. 2006, cat. 35. Sur les prototypes, cf. I. Delaunay, Echanges artistiques entre livres d'heures manuscrits et imprimés produits à Paris (vers 1480-1500), thèse de doctorat sous la dir. Du Pr. F. Joubert, II, notice de Chaumont 34, pp. 55-63.

 

III. Maître de Jean d’Albret : Raoul le Fèvre : Winn, op. cit., p. 198-199, 349, fig. 5. 10c. – Sébastien Brant : ibid., p. 198, fig. 4. 26. – Jehan Massue : Paris, BnF. fr. 955. Cf. M.-T. Gousset, « Parcheminiers et libraires rouennais à la fin du XIVe siècle d’après un document judiciaire », Viator, 24, 1993, fig. 5. – Vie de sainte Radegonde : Paris, BnF. Ms. fr. 1784. – Heures de Jean de Launay : Baltimore W. 448. L. M. C. Randall, Medieval and Renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, II, France, 1250-1540, Baltimore-Londres, 1992, cat. 198. – Office de saint Hubert : Paris, Arsenal, ms. 168. – Heures d'Anne de Beaujeu : Winn, op. cit., p. 195, fig. 4. 25 – Heures de Charles d'Angoulême : ibid., p. 159, fig. 4. 12 – Kalendrier des Bergers : cat expo. Paris, BnF. 1992, op. cit. en n. 1, cat. 2, p. 112-114. – Kerver et Hardouyn : I. Delaunay, op. cit., II, notice de Carpentras ms. 54, pp. 28-31.

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