Livres Anciens du XVe au XIXe siècle Architecture

vendredi 4 mars 2016 à 14h00
Salle Rossini 7 rue Rossini 75009 Paris
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DENYS L'ARÉOPAGITE (Pseudo-). [Opera]. Theologia vivificans, cibus solidus. Dion...
DENYS L'ARÉOPAGITE (Pseudo-). [Opera]. Theologia vivificans, cibus solidus. Dionysii Celestis hierarchia. Ecclesiastica hierarchia. Divina nomina. Mystica theologia. Undecim epistole. Ignatii Undecim epistole. Polycarpi Epistola una. Paris, Johannes Higman et Wolfgang Hopyl, 6 février 1498 In-folio, veau fauve estampé à froid sur ais de bois, large bordure treillée sertie de filets, compartiments décorés de rosaces et de fers losangés, dos à trois nerfs orné de croisillons de filets, tranches lisses (Reliure de l'époque). Première édition publiée par Jacques Lefèvre d'Étaples, incunable, dans la traduction latine d’Ambrogio Traversari, dit Ambroise le Camaldule.
Il s'agit de la seconde édition de cette traduction, composée en 1436 et imprimée la première fois vers 1480, par Colard Mansion, le prototypographe de Bruges. Le commentaire de Jacques Lefèvre d'Étaples est en édition originale.
Les œuvres du Pseudo-Denys l'Aréopagite sont une des sources principales de la spiritualité mystique chrétienne. Elles eurent une profonde influence sur le courant néoplatoniste de la Renaissance italienne et française. Le Corpus Dionysiacum a longtemps été attribué à Denys, l'un des rares Athéniens que l'apôtre Paul a convertis lors de son sermon sur la colline de l'Aréopage. On estime de nos jours qu'il s'agit d'un pseudépigraphe composé vers l'an 500, probablement par un moine syriaque. Transmis en grec, il se compose de quatre traités sur la Hiérarchie céleste, la Hiérarchie ecclésiastique, les Noms divins et la Théologie mystique et de dix lettres, auxquelles on joignait encore au XVe siècle une onzième lettre qui s'est avéré un faux.
Considéré de son temps comme l'égal d'Érasme, Jacques Lefèvre d'Étaples (v. 1450-1536) est une figure centrale de l'humanisme français. Il était de ces théologiens qui, peu respectueux de la vieille scolastique, cherchaient à inspirer le goût de la critique, de l'Antiquité et des langues savantes. Pourtant, bien que ses idées en fassent un précurseur du réformisme protestant, il demeura catholique toute sa vie.
C’est sa rencontre, en 1505, et son amitié avec Guillaume Briçonnet, évêque de Lodève puis de Meaux, qui lui donnèrent les moyens de réformer l'Église de l'intérieur, en créant à sa demande, en 1521, le fameux « cercle de Meaux ». Ce cénacle humaniste et évangélique qui réunit des théologiens et prédicateurs de renom tels Guillaume Farel, Gérard Roussel, Louis Berquin, François Vatable et Pierre Caroli sous la protection de Marguerite d'Angoulême, avait la vocation d'améliorer la formation du clergé par la prédication et la vulgarisation des Écritures. Il exerça une forte influence sur les humanistes et les écrivains de cette génération comme Rabelais, Marot ou Érasme.
Mais en 1498, lorsqu'il publie cette édition critique du Corpus Dionysiacum, Lefèvre est encore professeur de philosophie au collège du cardinal Lemoine. Bien que Charles-Henri Graf la présente comme « la plus ancienne de ses publications [qu'il a] pu trouver », ce n'est pas la première : depuis 1492, Lefèvre a déjà confié quelques ouvrages aux presses de Johannes Higman, des commentaires d'Aristote essentiellement, mais aucun de cette ampleur.
Selon Graf, « Lefèvre montre partout une grande admiration pour ces œuvres apocryphes de l'Aréopagite, et il le cite souvent dans ses ouvrages. Il est loin de douter de leur authenticité, il les regarde au contraire comme une des sources les plus pures de la religion chrétienne après les écrits des apôtres et des prophètes [...]. Il publia la traduction qu'en avait faite Ambroise de Camaldoli (général de l'ordre †1439), en remplaçant les notes marginales d'Ambroise par un commentaire plus étendu sur chaque chapitre. Il y ajouta les épîtres d'lgnace et l'épître de Polycarpe aux Philippiens sans commentaire. »
Belle impression gothique en rotunda parisienne, accompagnée de notes marginales imprimées en plus petit corps et illustrée de seize diagrammes dans le texte gravés sur bois, dont une grande figure astronomique au f. 87.
Un remarquable encadrement gravé sur bois orne le premier feuillet, dans lequel le titre de l'ouvrage est typographié au centre de deux médaillons circulaires tenus par deux aigles sur fond de paysage champêtre.
Ce précieux incunable a été rubriqué de grandes initiales peintes en rouge et bleu et relié à l'époque en veau fauve estampé.
Le titre et le colophon du volume comportent plusieurs mentions manuscrites anciennes, les ex-libris P. Contard et Steph. Charles, et le contreplat inférieur un dixain manuscrit du temps : Par le merite de ta saincte passion, je croy de mes pesches, etc.
Incomplet de deux feuillets et du feuillet blanc final (ff. 105-106 et [118]). Reliure restaurée avec manques, dos refait, plats réappliqués, multiples piqûres de ver traversant les plats et le corps d'ouvrage, pâle mouillure et infime manque angulaire sur le titre, petites mouillures éparses.
Hain-Copinger, *6233 – Goff, D-240 – Pr., 8140 – BMC, VIII, 140 – GW, 8409 – Pellechet, 4297 – Polain, 1302 – Pettegree, 65111 – Brunet, II, 724 – Graesse, II, 399 – Dionysiaca, p. xxiii, n°6 – Charles-Henri Graf, Essai sur la vie et les écrits de Jacques Lefèvre d'Étaples, Strasbourg, 1842, pp. 18-19 – Eugene R. Rice, The Prefatory Epistles of Jacques Lefèvre d'Étaples and related texts, New York, 1972, pp. 65-66 et pp. 549-550, n°CLV.
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