Livres Anciens & Manuscrits

jeudi 14 juin 2007 à 14h00
Salle Rossini - 7, rue Rossini - 75009 Paris
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49
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16,800 euros
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MANUSCRIT. -- LIVRE D'HEURES de Marie de Bastard. - Manuscrit. - Angers (vers 14...
MANUSCRIT. -- LIVRE D'HEURES de Marie de Bastard. - Manuscrit. - Angers (vers 1460) par un artiste appartenant à la nébuleuse du « Maître de Jouvenel des Ursins » .

Parchemin. 111ff. 188 x 135 mm (justification : 113 x 70 mm). 16 longues lignes par page. Réglure à l'encre rouge. Réclames. Composition 6 ff. parchemin (2 ff. de gardes blanches + 4 ff. de titres) ; I12, II7(8-1) le premier feuillet du cahier a été coupé (f. 13-19), II8-IV8,(f. 20-43), V4 (f. 44-47) les réclames ne collent pas, VI6 ne colle pas (f. 48-53), VII3(4 3) le premier feuillet a été découpé (f. 54-56), VIII8-XIII8 (f. 57-104), XIV7(8-1) le dernier f. a été coupé (f. 105-111) ; + 1 f. (papier), + 1 f. parch. + 8 f. papier + 23 ff. parch. + 9 ff. papier + 1 f. parch. + 1 f. papier blanc. + 2 ff. de gardes blanches. Reliure. Maroquin vert à 5 nerfs, plats et dos estampés d'un double filet, reliure sertie d'un fermoir d'argent fleurdelisé, à écusson central armorié de la famille, titre doré, tr. dorées, gardes en mar. rouge ornées aux chiffres et armes des comtes de Bastard d'Estang, roulette à décor floral sur la bordure de mar. vert (Niedrée). Contenu f. 1-12 : Calendrier à l'usage de Saint-Brieuc. Le calendrier a tous les caractères des calendriers bretons qui lui sont contemporains : il est d'abord fondé, pour ses aspects généraux, sur le calendrier de la métropole de Tours. La seconde strate est bretonne, et apparaissent alors tous les saints vénérés dans la province : Guingaloei abb. (3 mars) [Finistère] ; Chilberti conf. (20 mars) est une erreur pour la depositio Cuthberti à Lindisfarne ; Yvonis conf. (en rouge, le 19 mai) ; Salomonis (25 juin) [roi de Bretagne] ; Sampsonis ep. (28 juillet) [Dol], Guenahel abb. (3 novembre) [Bretagne], Macolvi ep. (14 novembre) [Aleth]. Mais la dernière est vraiment locale, et c'est elle qui permet de localiser véritablement l'usage du calendrier : Yvonis conf. (en rouge, le 29 octobre), la translation de son corps à Tréguier ; Tudguali ep. (7 juin) [Tréguier], Guillelmi ep. (29 juillet) [Saint-Brieuc]. f. 13-63v° : Heures de la Vierge, à l'usage de Paris. Matines (f. 19-34, le début manque) ; Laudes (f. 34-43v°, la fin marque) ; Prime (f. 44-47v°, le début et la fin manquent) ; Tierce (f. 48-50v°, le début et la fin manquent) ; Sexte (f. 51-53v°, le début et la fin manquent) ; None (f. 54-56v°, le début et la fin manquent) ; Vêpres (f. 57-58, la fin manque) ; Complies (f. 58v°-63v°). f. 64 : Notes diverses. f. 65-82v° : Psaumes de la pénitence, avec litanies (f. 76v°-81v°). Le caractère breton est accentué par la présence de : « yvo, tudguale, brioce, guille[lmi], macloui, sampson, paterne, corentine ».f. 83-111v° : Office des morts, selon l'usage de Paris.Il est intéressant, et peu courant, de trouver dans un livre d'Heures à l'usage de Paris un calendrier à l'usage du diocèse breton de Tréguier ou de Saint-Brieuc. Les feuillets qui contiennent ici le calendrier ont été préparée différemment des autres (le parchemin est plus fin, plus jaune, plus transparent) et l'écriture est d'une autre main que le reste du manuscrit. Plus étonnante encore est l'introduction de litanies trégoroises dans le corps même du manuscrit. Tout ceci marque la volonté du commanditaire, récemment implanté dans la région du Mans, d'affirmer ses origines bretonnes. Décoration Elle est l'œuvre d'un artiste appartenant - ou ayant appartenu - à la nébuleuse du « Maître de Jouvenel », à la constellation d'enlumineurs regroupés pour l'exécution du Mare historiarum de Giovanni Colonna (vers 1448-1449) pour Guillaume Jouvenel des Ursins, chancelier de France de 1447 à 1472 (Paris, BNF, lat. 4915). On retrouve dans les enluminures des Heures de Marie Bastard l'intense luminosité des coloris si particulière à ce groupe d'artistes, le même traitement des fonds emprunté à l'esthétique des grands maîtres parisiens du premier quart du siècle (on pense naturellement au « Maître de Bedford »). Les vêtements ont sans doute davantage d'ampleur, au risque de donner aux personnages un aspect un peu massif. C'est entre Tours et Angers qu'il convient de localiser l'activité de ces artistes, et plus précisément, sans doute, à Angers même, où leur réputation draina jusqu'à eux une imposante clientèle bretonne et nantaise. René d'Anjou se replia après son échec napolitain sur ses possessions françaises, angevines et provençales, et sa cour fit de longs séjours à Angers jusqu'à son départ définitif pour la Provence en 1471. Bien sûr, René avait autour de lui ses propres artistes, et son entourage sollicita davantage qu'il ne fit les enlumineurs issus de la nébuleuse du « Maître de Jouvenel ». Le programme iconographique ici développé est sans surprise. Malheureusement, un certain nombre (probablement six) de peintures a disparu, et il n'en reste que quatre : 1) La Visitation. Élisabeth, nimbée et vêtue d'un manteau rouge, s'agenouille devant la Vierge, nimbée et tout de bleu vêtue. A côté d'elles, se tient un ange tenant un livre. La scène se passe dans un environnement escarpé et boisé. Le traitement du ciel interdit toute fuite, toute perspective. 2) Le couronnement de la Vierge. Dieu assis sur un trône et la Vierge agenouillée, tous les deux vêtus d'un robe et d'un manteau bleus. Dieu bénit la Vierge pendant qu'un ange la couronne. La scène se passe dans un intérieur richement drapé de tentures orange. Ce couronnement de la Vierge est remarquable par son fond cloisonné, parfaitement archaïque. 3) Le roi David. David, vêtu d'une robe bleue et d'un manteau rouge à revers d'hermine, ayant jeté sa lyre et s'étant agenouillé, implore Dieu, visible dans le ciel. La scène se déroule dans un paysage tourmenté, planté d'arbres. Au fond, on aperçoit une ville ; cependant la traitement du ciel écrase à nouveau toute profondeur. 4) L'Office des morts. Le corps du défunt enveloppé dans un linceul est déposé en terre par deux fossoyeurs, l'un vêtu de bleu, l'autre de rouge. A droite, le prêtre le bénit pendant que les deux officiants qui l'accompagnent chantent. À gauche, un groupe de pleureuses vêtues de noir. Dans la bordure, un terrassier et un ange symbolise le passage de la terre au ciel. Les bordures de tiges avec feuilles d'or et feuilles d'acanthes aux angles aux milieu desquelles évoluent des petits personnages, se livrant parfois à des activités liées à la vie campagnarde. e reste de la décoration consiste en rubriques, grandes initiales peintes en rose rehaussé de blanc sur un fond bleu rehaussé de blanc et or orné de rinceaux bleus et de fleurettes bleues et rouges. rigine et provenance • Ce livre d'heures a été exécuté vers 1460 à Angers pour le seigneur de Champlais (originairement : Champelais), issu puîné des ducs de Bretagne, établi dans le Maine (arrondt du Mans, c. Ballon) à la fin du XIVe siècle.• Livre de raison de la famille de Champlais de 1545 à 1659, date de la mort de Louis de Champlais, baron de Courcelles, qui avait épousé Marie de Villeroy, sœur du Maréchal de Villeroy. Les marges inférieures du calendrier portent des notes relatives à la famille de Champlais (fin XVIe et première moitié du XVIIe s.), retranscrites en fin de volume. À l'origine, des notes à caractères familiales complémentaires et des notes diverses (poèmes, prières, notes prises dans les épîtres de saint Paul) avaient été portées sur des feuillets en parchemin reliés à la fin du livre (fin XVIe et première moitié du XVIIe s.). Lors de la reliure (fin XIXe s.), ces feuillets, accompagnés de transcriptions interfoliées, ont été regroupés à la fin du volume • Marie Bastard d'Estang, Dame de Champlais et de la Masserie, ses armes (corr. XVIIe s., f. 58v°) : Parti au I d'argent à 3 fasces de gueules et sable accompagnés en chef de 3 alerions éployés de sable,au II reparti au 1 d'azur à une demi fleur de lis d'or, au 2 d'or à une demi aigle bicéphale de sable (becquée d'or ?), au lambel à 3 pendants d'argent brochant sur l'entier du parti II. Bibliographie. RIESTAP ; Bibliothèque des Comtes de Bastard d'Estang - Château de D., Paris, Drouot, vente du 28 juin 2005, n° 7 ; E. KÖNIG, Französiche Buchmalerei um 1450. Der Jouvenel-Maler, der Maler des Genfer Boccaccio und die Anfänge Jean Fouquets, Berlin, 1982 ; F. AVRIL et N. REYNAUD, Les manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Paris, 1993. CE MANUSCRIT, DE BELLE FACTURE, A MALHEUREUSEMENT ÉTÉ AMPUTÉ DE QUELQUES PEINTURES.
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