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LA GUILLOTIÈRE (François de). Charte de la France. Paris, chez la Veuve Jean Le ...

LA GUILLOTIÈRE (François de). Charte de la France. Paris, chez la Veuve Jean Le Clerc, ruë Sainct Jean de Latran, à la Salemandre Royalle, 1635. En neuf feuilles jointes de 1,09 x 1,56 m.

Carte de la plus grande rareté, et très rare édition à la date de 1635, non citée par Monique Pelletier (Conférences et Études, Cartes, portraits et figures en France pendant la Renaissance, 2002).

Carte murale du royaume de France en neuf feuilles gravées sur bois, dressée par François de La Guillotière. Gravée en 1595, elle ne sera pas publiée avant 1613, par Leclerc, vingt ans après la mort de l'auteur. Puis elle sera rééditée en 1615 et 1620, toujours par Leclerc, puis par sa veuve, en 1624, 1632 et 1640. Au cours de ces rééditions, le nom de l’auteur s’effacera au profit de l’éditeur parisien. La carte de François de La Guillotière représente un progrès considérable par rapport aux cartes précédentes.

L’échelle de la carte, le millionième, a permis d’insérer un grand nombre de toponymes, plus de 30 000, dont la densité varie selon les régions. L’auteur a corrigé de nombreux tracés : côtes de Bretagne et du Cotentin, réseau hydrographique – sans que le grand coude de la Loire apparaisse encore. La côte landaise acquiert ce caractère oblique qui distingue les cartes françaises des cartes hollandaises jusqu’à la publication de la Carte de France corrigée de 1679-1682.

La Guillotière a utilisé des cartes de provinces et en a certainement levé quelques-unes. Une étude de la figuration des Pyrénées sur la Charte de la France montre que La Guillotière connaissait certains itinéraires et qu’il a cherché à représenter quelques éléments caractéristiques du paysage : le Vignemale, le pic du Midi de Bigorre et le cirque de Gavarni notamment.

Il se pourrait donc qu’il ait fréquenté le Béarn et la Bigorre, fiefs du futur Henri IV, ainsi que le Languedoc, en partie protestant, dont il donne la figuration la plus exacte et la plus détaillée du XVIe siècle. La carte est ornée des armoiries royales, et contient trois cartouches, dont un de l'éditeur, un cartouche de texte "Au Roy" et un cartouche contenant un texte "Au Lecteur".

Dans ce dernier, Leclerc mentionne le nom de La Guillotière, et explique qu'il a acquis cette carte à la mort de Pierre Pithou, qui en avait lui-même hérité à la mort de La Guillotière. 

L’auteur de la Charte de la France, célèbre en son temps, est un cartographe méconnu et presque complètement ignoré par les historiens. Loué par ses contemporains dans les années 1570-1580, le cosmographe fut victime des conditions politiques et économiques de la fin du XVIe siècle, le privant de toute possibilité de publier sa carte de son vivant.

La date de sa mort l’empêcha de tirer parti de ses connivences avec la maison de Navarre, alors que les mérites des auteurs des cartes de France demandaient à être reconnus par le roi dont ces représentations symbolisaient le pouvoir.

Il meurt dans la misère en octobre 1594.

Les dimensions de la Charte de la France – les neuf feuilles assemblées mesurent 1,09 x 1,56 m – en ont fait un document fragile, difficile à conserver, d'où sa rareté. Elle ne figure par ailleurs dans aucun atlas hollandais ou français de l'époque. En 1626, le Théâtre géographique du royaume de France de Jean Leclerc, successeur de Bouguereau, ne contenait aucune réduction de la carte de La Guillotière, alors que la Gallia de Postel y figurait.

Parmi les quelques exemplaires que nous avons localisés dans les collections publiques françaises, aucun ne porte la date de 1635. Par ailleurs, dans une publication de 2002 intitulée Cartographie de la France et du Monde de la Renaissance au Siècle des Lumières, monique Pelletier cite toutes les éditions de la carte, sans mentionner celle de 1635.

Coloris anciens.

Exemplaire bruni, entièrement doublé (montage moderne), bordure d'encadrement rognée avec perte de quelques millimètres dans les bordures supérieure, droite et gauche, et perte de quelques centimètres dans la bordure inférieure, celle-ci étant par endroits absente.

Plusieurs manques, dont quelques-uns plus importants au centre de la carte et en pied. Petites mouillures et quelques traces de frottement.

Monique Pelletier, Les Oubliés de l'histoire, 2012 ; Monique Pelletier, Conférences et Études, Cartographie de la France et du Monde de la Renaissance au Siècle des Lumières, Cartes, portraits et figures en France pendant la Renaissance, BnF Éditions, 2002.

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