Manuscrits et Autographes

Live Auction
starts: October 20, 2009 @ 02:00 PM
Salle Rossini - 7, rue Rossini - 75009 Paris
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9
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3,120 euros
Speciality
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Alexandre II. L.A., S.P. [Saint-Pétersbourg] Samedi 17/29 février 1868 à 3 h. 1/...
Alexandre II. L.A., S.P. [Saint-Pétersbourg] Samedi 17/29 février 1868 à 3 h. 1/2 après midi (N° 46), à Catherine Dolgorouki, « Katia » ; 6 pages in-8 au chiffre N couronné.

Longue et importante lettre, évoquant leurs ébats érotiques, mais aussi le souvenir ému de son père. Il la remercie de son billet reçu « au moment où nous allions partir pour le couvent de Nevski, comme nous en avons toujours l'habitude le jour de notre communion. En revenant de là nous fîmes une visite à ma belle fille [alors enceinte de Nicolas II] [...] De chez elle j'allais directement te rejoindre à l'endroit convenu, où je dois t'avouer que ton accueil m'a complètement glacé, ainsi que la scène que tu t'es empressée de me faire à propos de l'arrivée de la certaine personne [l'ancienne maîtresse d'Alexandre, la princesse Alexandra Dolgorouki], que j'aurais voulu voir à mille lieus d'ici. On dirait vraiement que tu ne me connais pas dans tes moments d'humeur. Ce n'est vraiement pas joli de ta part, comme aussi de ne pas vouloir comprendre que je ne puis pas te donner des explications quand tous les passants nous regardent et qu'il y a des indiscrets qui s'arrêtent exprès pour nous relucher, aussi au lieu du soleil, que me donnent ordinairement nos rencontres, je suis rentré plus triste que jamais […] tu sais que le moral influe chez moi, comme chez toi, sur la phisique »... A 11 h. 1/2 du soir. « Il faut avouer que nous sommes deux fous qui oublient tout, pour nous prouver, dès que nous le pouvons, que notre plus grand bonheur consiste dans le sentiment d'être devenu la propriété l'un de l'autre. Et nous devons avouer aussi que nous en sommes bien récompensés par la jouissance inouie que nos bingerles nous font éprouver chaque fois. […] je t'aime à la folie et il n'existe certes pas de plus grand bonheur pour moi, que de me sentir doma et de te voir partager la jouissance que j'éprouve grâce à toi et en toi, avec l'être qui t'appartient corps et âme. Je ne puis pas oublier l'expression de tes adorables yeux pendant nos moments de délire, qui me hantent sans cesse et je veux que tu saches que j'en suis encore tout imprégné et rempli de soleil, ce qui a complètement effacé la triste impression de tes moments d'humeur de ce matin. Je voudrais seulement qu'il en soit demême avec toi et te supplie de ne pas te mettre en tête des choses qui n'existent pas [...] toute ma vie se rencontre en toi. […] Oh ! que j'ai été content de voir sur toi ta jolie robe bleue, qui me rappèle l'heureuse époque de Paris, ainsi que le médaillon que je t'avais envoyé là bas. - Ils nous rappèleront maintenant de plus nos bingerles délirants, comme le certain bracelet que tu avais également sur toi ce soir ». En la quittant, il est allé à l'église pour la fin des vêpres : « Que Dieu nous pardonne, de n'avoir pas su rester raisonables aujourd'hui [...] Qu'Il daigne sanctifié un jour ce qui pour nous est déjà sacré, depuis le 26 Nov. de l'année passée [le Tsar avait juré à genoux de se marier avec Katia] […] les liens qui nous unissent sont sacrés pour nous, plus que pour bien de couples mariés. C'est aussi pour cela que nous ne pouvons pas éprouver de remords de nous être donnés complètement l'un à l'autre, car nous l'avons fait grâce à notre adoration et avec l'intention de rester unis et fidèles l'un à l'autre pour tout notre vie. […] nous sommes devenus la conscience l'un de l'autre et nous adorons comme des fous »… Le lendemain matin, il reprend : « Aujourd'hui 13 ans de la mort de mon Père [Nicolas Ier], qui me traitait non pas en fils, mais en ami, aussi le sentiment que je lui portais était plus que de l'amour filial. Tu comprendras que le souvenir de cette horrible journée, qui changea complètement ma position, me rend particulièrement triste. En rentrant de ma promenade matinale je passais exprès par sa chambre, pour y prier pour son âme et pour nous. C'est la même où nous nous vîmes pour la première fois le 18 Avril et où depuis nous avons pris si souvent le thé ensemble, aussi elle m'est devenue doublement chère […] Oui, je me sens aimé, comme moi je t'aime [...] nous ne formons qu'un seul être […] Il ne me reste qu'à ajouter que je me sens heureux comme toi d'avoir été déraisonable hier et d'avoir pu te prouver par là, que le bonheur d'être ton bien me fait oublier tout le reste »... Il attend de la retrouver « dans notre cher nid »…
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